Oct 2020 : « Elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement". Ap 12,2


A travers la femme enceinte, c’est le mystère de l’Eglise et de l’humanité dont Marie est la mère, qui nous est présenté. La femme enceinte, n’est-ce pas d’abord ce mystère de fécondité que Dieu a partagé à Adam et Eve dès l’origine : celui de participer à sa création... Cette fécondité culmine à la plénitude des temps par l’Incarnation du Fils de Dieu dans le sein de Marie. Toute la tradition nous dit que Marie enfanta sans douleur le Fils de Dieu... Car la douleur de l’enfantement est une conséquence du péché originel (Gn 3, 16 : « Dans la peine tu enfanteras des fils »). La Vierge Immaculée, enfantant le Fils de Dieu, ne pouvait donc en souffrir. Nous sommes ici dans les mystères joyeux qui culminent dans le magnificat de la Vierge (Lc 1,46-55). Mais au pied de la Croix, nous entrons dans les mystères douloureux, où Marie devient la Mère de tous les hommes (Jn 19,25) ; et pour eux qui sont pécheurs, elle souffre un enfantement qui dure encore (Rm 8,23) jusqu’à ce que tous soient sauvés par la victoire du Christ sur la mort.

Ainsi, cette souffrance de la Femme nous renvoie par-dessus tout au mystère central qui s’est déployé dans la souffrance apparemment inutile et scandaleuse de Jésus en Croix. Dans le combat de l’Apocalypse, ces douleurs de l’enfantement sont celles de la Rédemption finale offerte jusqu’au bout à l’humanité. Car si la Femme de l’Apocalypse « crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement », c’est qu’il s’agit d’une souffrance féconde. L’enfantement comme signe de fécondité est en effet une image eschatologique très présente dans le Nouveau testament.

Il est prophétisé que lorsque commencent « les douleurs de l’enfantement » (Mt 24, 8), « l’amour se refroidira chez le grand nombre » (Mt 24, 12). Et le Seigneur précise aussi en saint Jean à ses Apôtres : « La femme, sur le point d’accoucher, s’attriste parce que son heure est venue ; mais lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus des douleurs, dans la joie qu’un homme soit venu au monde. Vous aussi, maintenant vous voilà tristes, mais je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera...» (Jn 16,21-22). Ainsi, cette Femme qui crie dans les douleurs de l’enfantement nous invite à ne pas craindre les combats des derniers temps qui sont plus que jamais les nôtres... mais à veiller tout près du Cœur Immaculé et Douloureux de Marie dans l’espérance du salut : « Quand cela commencera d’arriver, redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance est proche » (Lc 21, 28).

Comment ne pas se souvenir ici de la vision des enfants à Fatima : « Notre-Dame ouvrit les mains et nous communiqua le reflet de cette lumière immense qui émanait d’elle. En Elle, nous nous sommes vus comme submergés en Dieu... Devant la paume de la main droite de Notre-Dame se trouvait un cœur entouré d’épines qui semblaient s’y enfoncer. Nous avons compris que c’était le Cœur Immaculé de Marie, outragé par les péchés de l’humanité... » (Sœur Lucie, 4ème mémoire). Chaque jour, Marie sollicite pour nous la patience miséricordieuse de Dieu (Lc 13,6-9), pour nous donner le temps de la conversion à son Amour...

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