Méditation mariale juin 2021: l'Antichrist doit venir...




1 Jean 2, 18-26 : « Petits enfants, voici venue la dernière heure. Vous avez entendu dire que l’Antichrist doit venir ; et déjà maintenant beaucoup d’antichrist sont survenu : à quoi nous reconnaissons que la dernière heure est là. Ils sont sortis de chez nous, mais ils n’étaient pas des nôtres. S’ils avaient été des nôtres, ils seraient restés avec nous. Mais il fallait que fût démontré que tous n’étaient pas des nôtres.

Quant à vous, vous avez reçu l’onction venant du Saint, et tous vous possédez la science... Qui est le menteur, sinon celui qui nie que Jésus soit le Christ ? Le voilà l’Antichrist ! Il nie le Père et le Fils. Quiconque nie le Fils ne possède pas non plus le Père. Qui confesse le Fils possède aussi le Père... Voilà ce que j’ai tenu à vous écrire au sujet de ceux qui cherchent à vous égarer. »


En prolongeant notre méditation mariale des derniers mois sur Apocalypse 12, arrêtons-nous sur un passage de la première Epître de Saint Jean. Il apporte des précisions précieuses sur cette Parole de Dieu mystérieuse. En effet, dans la dernière partie du chapitre 2, l’Apôtre pose une vérité évangélique majeure autour de laquelle tout notre vécu de chrétien doit s’appuyer : « Quant à vous, l’onction que vous avez reçu de Lui demeure en vous et vous n’avez pas besoin qu’on vous enseigne... puisque son onction vous instruit de tout » (1 Jn 2,27). Il ne faudra pas l’oublier dans les terribles épreuves de l’Eglise des derniers temps en lesquelles nous sommes entrés...

Cette onction, c’est l’Esprit donné au Messie (Is 11,1-4). Et le Sauveur la donne aux enfants de Dieu qui croient en Lui (1 Jn 5,10) et gardent ses commandements : « Petits enfants, n’aimons ni de mots ni de langue, mais en actes et en vérité ! A cela, nous saurons que nous sommes de la vérité, et devant Lui nous apaiserons notre cœur si notre cœur venait à nous condamner, car Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît tout... » (1 Jn 3,18-20). C’est un des plus beaux passages de Jean sur le réalisme de l’amour, et l’on s’en souviendra pour mener le bon combat de la foi : ce qui est premier en notre cœur à la suite du Seigneur, ce ne sont pas les tentations et les épreuves qui nous troublent, c’est la puissance de « l’onction reçue de Lui qui demeure en nous » (1 Jn 2,21). Car « à ceci nous savons qu’il demeure en nous : à l’Esprit qu’Il nous a donné. » (1 Jn 3,24).


Saint Jean de la Croix a cette parole qui traverse le temps : « Au soir de cette vie, nous serons jugés sur l’Amour ! » Et pour en saisir le sens plénier, il faut se tourner à nouveau vers l’Apôtre bien-aimé : « Il n’y a pas de crainte dans l’amour ; au contraire, le parfait amour bannit la crainte, car la crainte implique un châtiment, et celui qui craint n’est point parvenu à l’amour parfait. Quant à nous, aimons, puisque Lui nous a aimés le premier. Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu » et qu’il déteste son frère, c’est un menteur : celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne saurait aimer Dieu qu’il ne voit pas ! Oui, voilà le commandement que nous avons reçu de Lui : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. » (1 Jn 4,18-21).

Jean aborde aussi ce qu’il appelle « la dernière heure ». Il faut évidemment être à la fois prudent et vigilant... car Jésus nous a prévenu sur l’attitude la plus juste à avoir sur le chemin de la foi dans les derniers temps : « Des faux prophètes surgiront et abuseront bien des gens. Par suite de l’iniquité, l’amour se refroidira chez le grand nombre. Mais celui qui aura tenu bon jusqu’au bout, celui-là sera sauvé ! » (Mt 24,4-11-13). La fidélité dans l’humble quotidien : voilà l’urgence des urgences...


Ceci posé, n’oublions jamais qu’en ce monde, nous sommes appelés à vivre selon le réalisme de la foi et de la charité fraternelle. L’engagement chrétien dans le labeur du jour après jour se fonde sur l’attente eschatologique du retour de Jésus : « Veillez et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme ! » (Lc 21,36). Bien souvent aussi, la liturgie nous éveille à cette dimension de la foi en la fidélité de Dieu jusqu’aux temps de la fin : « Nous croyons que le Sauveur des hommes est auprès de toi dans la gloire ; fais-nous croire aussi qu’il est encore avec nous jusqu’à la fin des temps, comme il nous l’a promis ! » (Liturgie de la Messe, 7° Dimanche de Pâques). Et la mystérieuse question du Seigneur laisse deviner qu’une immense apostasie sera une des grandes épreuves des derniers temps : « Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t- la foi sur la terre ? » (Lc 17,8).

Avec une certaine naïveté, bien des chrétiens ont tendance à penser que l’Ennemi viendra toujours de l’extérieur de l’Eglise. Une sorte de combat à la loyale. Or, il n’en est rien dans l’approche johannique : certes, il y a le combat plus extérieur contre les forces du Mal qui reste présent... mais l’épreuve la plus redoutable se situe à l’intérieur même de l’Eglise dans une réinterprétation de la foi : « Ils sont sortis de chez nous, mais ils n’étaient pas des nôtres » précise Saint Jean (1 Jn 2,19). C’est l’épreuve la plus troublante où se cache une certaine personnalisation de l’Antichrist qui vient détruire la vérité de la foi. Et c’est pourquoi Jean est affirmatif : «Vous savez qu’aucun mensonge ne provient de la vérité. Qui est le menteur, sinon celui qui nie que Jésus soit le Christ ? Le voilà l’Antichrist ! Il nie le Père et le Fils » (1 Jn 2,21-22).


Vers la fin de sa vie d’ailleurs, l’Apôtre bien-aimé aura déjà à faire face à l’hérésie du docétisme qui réfutait le réalisme de l’Incarnation du Verbe, d’où sa mise au point : « A ceci reconnaissez l’esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus Christ venu dans la chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu ; c’est là l’esprit de l’Antichrist ! » (1 Jn 4,2-3). Ainsi, ceux qui adhérent de différentes manières à l’esprit de l’Antichrist « ne sont pas des païens ou des étrangers à notre foi : c’est de chez nous qu’ils sont sortis, mais ils n’étaient pas des nôtres (1 Jn 2,19). Ils sont des gens qui, ayant entendu parler de Jésus, l’ont enfermé dans leurs catégories et l’ont abaissé à la mesure de leur esprit... Ils n’appartenaient qu’en apparence à la communauté chrétienne. Qui sont ces antichrists, mélangés aux croyants ? demande Saint Augustin : Ceux qui se sont heurtés au Christ humble... » (Jean Laplace, Discernement pour temps de crise - l’Epitre de Jean, p.78, Chalet, 1978).

Plus tard viendra l’hérésie de l’arianisme qui niait la divinité de Jésus. La réponse de l’Esprit s’opérera au premier grand concile œcuménique de Nicée qui la condamnera en promulguant le symbole de la vraie foi de l’Eglise « une, sainte, catholique et apostolique ». Tel est le Credo de Nicée-Constantinople que nous professons à la Messe dominicale : « Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles : Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu, Engendré, non pas créé, de même nature que le Père, et par lui tout a été fait. Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du Ciel... » (Missel Romain).


Plus près de nous, Saint François de Sales reviendra clairement sur « la Bête » qui veut imposer à tous sa « marque » pour prendre la place de Seigneur Jésus : « Les mots de l’Apocalypse signifient proprement une marque réelle et extérieure, et il n’y a point d’inconvénient à les entendre comme cela car l’Antéchrist sera extrêmement superbe, à quoi se rapporte très bien qu’il fasse porter une marque aux siens... Saint Jean, parlant de l’Antéchrist, dit expressément dans l’Apocalypse que « tous, petits et grands, riches ou pauvres, libres et esclaves, se feront marquer sur la main droite ou sur le front, et nul ne pourra rien acheter ni vendre s’il n’avait la marque ou le nom de la Bête, ou le chiffre de son nom... son chiffre, c’est 666 ! » (Ap 13,16-18).



Cette alternative, ou en leur main, ou en leur front, ne montre-t-elle pas que ce sera une marque perceptible pour ceux qui aiment l’Antéchrist ? Et comment pourrait-il en être autrement pour faire la différence entre ceux qui avaient le pouvoir de négocier et ceux qui ne l’avaient pas... L’Antéchrist, comme singe, voulant faire et contrefaire le Christ, marquera ses gens au front, et par là les obligera à ne point se signer de la Croix... c’est dire combien nous devons pratiquer l’usage de ce saint signe, pour protester que nous sommes chrétiens et que jamais nous n’obéiront à l’Antéchrist ! » (Défense de l’Etendard de la Sainte Croix, Livre Troisième, chapitre 9).

Si nous faisons un bond en 2021, nous voici entrés dans la période « post covid » qui ouvre la porte aux délires de la technoscience et du transhumanisme. Et l’on peut supposer que cette unification de masse peut profiter à la venue du règne de l’Antichrist. L’appel à l’insurrection face au « Great Reset » lancé par Philippe de Villiers dans son dernier livre est d’une urgence absolue. On peut être d’accord ou pas avec l’analyse, mais on ne peut éluder le terrible danger qu’il soulève, avec pertinence, sur la liberté et le sens de l’homme : « Nous sommes devant une révolution, une recréation. On va très vite en comprendre la portée, politique, économique, sociétale et environnementale. Une révolution qui entend profiter d’une pandémie pour recréer une humanité nouvelle, sous l’empire de l’intelligence artificielle. Retour à la page blanche, à la case départ. C’est le sens du mot « reset ». On efface tous les souvenirs... Avec le confinement, on nous a ramenés à l’état végétatif, on nous a forcés à vivre comme nos chats, à rester au panier ; et, avec la réinitialisation, on veut nous faire vivre comme des hommes fusionnés avec la machine... on nous a propulsés dans le paradis cybernétique. Ainsi prépare-t-on le grand passage, dans le même mouvement, d’une humanité abêtie à une humanité augmentée.

Les démiurges de la post-humanité sont à l’ouvrage. Ils prétendent ainsi refaire le monde. Ils entendent non pas seulement le réparer mais le recréer... Avec cette « quatrième révolution industrielle », l’illuminé de la montagne magique promet à l’humanité rien de moins que « la fusion de nos identités physique, numérique et biologique ». On touche là au mystère de l’espèce humaine, on joue à pile ou face avec la nature de l’homme. On veut nous faire entrer dans le monde des micros-puces implantables, qui franchissent la barrière cutanée de notre corps. Grâce à l’identification numérique dont le passeport sanitaire annoncé n’est que le prélude, on pourra rapidement « lire les ondes cérébrales », on pourra géolocaliser, « suivre le comportement » de quiconque. Voici venue l’heure du capitalisme de surveillance !... Klaus Schwab lève un coin du voile sur le contrôle à venir de la grande termitière des vivants connectés : « La pandémie pourrait ouvrir une ère de surveillance sanitaire active rendue possible par les smartphones à détection de localisation, les caméras de reconnaissance faciale et d’autres technologies qui identifient les sources d’infection et suivent la propagation d’une maladie en temps quasi réel. » (Covid-19 : La Grande Réinitialisation, p.188, Ed. Forum Publishing, 2020). C’est bien la santé qui aura servi de formidable alibi... Au nom du bien-être promis, l’immixtion dans nos vies deviendra légitime. On réclamera soi-même - et c’est là le génie de l’opération - d’être mis sous contrôle. On aura peur d’être libre... » (Le jour d’après, p.50-51 et 53, Editions Albin Michel, 2021).


Plus que jamais, les pages de l’Apocalypse s’actualisent... et le chapitre 12 du livre prophétique en est le centre mystérieux. Jamais La Sainte Vierge n’est autant apparue que dans ces dernières décennies. Elle vient nous appeler à la conversion évangélique à travers son Rosaire si puissant. Il faudra ne pas l’oublier dans le proche avenir : cette Femme splendide enveloppée de la lumière du soleil est Marie, notre Mère, qui veille sur l’Eglise crucifiée de son Fils comme Elle l’a suivi jusqu’au pied de la Croix. Portés sur son Cœur Immaculé, nous attendons son triomphe promis qui prépare le retour de Jésus !... Ainsi, si pauvres que nous soyons, faisons nôtre le cri de Saint Augustin :


« Toute mon espérance est dans l’étendue de votre miséricorde ! » (Confessions, chap.39)








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