Méditation mariale janvier 2021

« Le temps de fuir au désert est arrivé...

Le Cœur de la Femme est notre refuge de paix ! »

Apocalypse 12,6 : « La Femme s’enfuit au désert, où Dieu lui a préparé un refuge pour qu’elle y soit nourrie mille deux cent soixante jours... »


En revenant à ce verset à la fois si prophétique et si actuel de l’Apocalypse, comment oublier cette promesse de Notre Dame de Fatima à la petite Lucie : « Tu souffres beaucoup ? Ne te décourage pas, je ne t’abandonnerai jamais ! Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu... » (13 juin 1917). Cette promesse s’adresse aussi à nous, car depuis 2000 ans, la tendresse maternelle de Marie nous enveloppe. Tout a commencé avec l’Apôtre Jean au pied de la Croix : là, il a reçu de Jésus le mystère de la Mère (Jn 19,27). Après la joie de la Pentecôte et les débuts prometteurs de l’évangélisation, la persécution poussera la mission de l’Eglise vers d’autres terres... Et Jean protègera Marie en la menant jusqu’au « Refuge » d’Ephèse. C’est le début d’une mission plus cachée, mais si féconde pour l’Eglise universelle, où Jean sera le premier à l’école du silence de Marie... N’est-il pas en la Vierge, le Père des contemplatifs ?


En cette année nouvelle où vont s’accélérer les évènements de la fin des temps, nous sommes appelés aussi à entrer plus profondément dans notre « Refuge » qui est d’abord le « Cœur de Marie », cœur caché de l’Evangile (Lc 2,51-52) et cœur protecteur de l’Eglise en la Parousie... Cette fuite vers la silencieuse Mère nous tient hors de portée d’une civilisation hyper-matérialiste et violente où nous sommes envahis par la folle pression des médias. En réalité, c’est un monde qui s’écroule, loin de Dieu. Sa dernière fuite en avant est l’horreur du transhumanisme où l’illusion originelle soufflée par satan va arriver à son accomplissement : « Vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux... » (Gn 3,5).


C’est pourquoi la fuite vers le refuge du Cœur de Marie est notre recul salutaire pour retrouver le sens de l’attente : une foi renouvelée dans la certitude du retour du Seigneur et une intense prière qui modifie notre conduite au milieu du monde. Combien de chrétiens attendent vraiment le retour du Seigneur ? Cette attente traversée par la joie est pourtant le signe d’une authentique espérance évangélique ! La terrible question du Maître devrait aujourd’hui résonner en nos cœurs plus que jamais : « Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Lc 18,8). Saurons-nous discerner que l’Amour frappe à notre porte (Ap 3,20) ? Serons-nous bouleversés de découvrir que nous n’avons que cette vie pour lui ouvrir ? Un jour, la porte se refermera... (Mt 25,11-12) « Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour va venir votre Maître ! » (Mt 24,42).


Cela nous invite à être délivrés des peurs obsessionnelles « entretenues » autour du Covid et de son possible successeur... Devenons humblement mais démesurément témoins de notre héritage sublime dans le Sauveur vivant : une espérance plus forte que la mort ! Un amour attentif à l’autre dans les plus petits détails de la vie quotidienne comme l’a vécu passionnément une petite et si grande Thérèse de Lisieux. Car le rapport entre petit et grand est la mesure de l’Evangile (Lc 9,48), où le plus petit est en réalité le plus grand ! (Lc 10,46-48). Même au fond de l’abîme, nous sommes tous appelés à la plus belle des aventures : celle de la sainteté ! Comme l’écrivait si justement Bernanos : « La sainteté est une aventure, elle est même la seule aventure ! Qui l’a une fois compris est entré au cœur de la foi catholique... »

Dans le grand combat des derniers temps, laissons-nous d’abord appeler à un renouvellement de notre prière quotidienne : en premier lieu, par la fidélité au Saint Rosaire de Marie, prière si puissante dans sa pauvreté évangélique. Quand on l’a découverte dans la terre de son cœur (Mt 13,44-45), rien n’a autant de valeur ! C’est un secret intime entre nous et notre Mère qui ouvre toutes les portes... Alors qu’au moins, le chapelet de chaque jour ne nous échappe. N’oublions jamais que dans le grand combat spirituel de ce temps, c’est l’arme de la Vierge la plus redoutée des démons ! Dieu seul sait ce qu’un chapelet dit avec amour peut engendrer pour toucher nos cœurs, sauver les pécheurs de l’enfer, arrêter les conflits et nous éviter la troisième guerre mondiale ! En l’humilité de Marie, nous sommes si puissants avec son Rosaire entre nos mains...


Ensuite, vivons la grâce unique de l’Adoration du Saint Sacrement dans les églises où c’est possible et proposons-la avec ferveur aux paroisses. N’oublions pas aussi que nous sommes appelés chaque jour à un temps de prière silencieuse : cette oraison du cœur, qui laisse à la Sainte Trinité un espace pour nous envahir en profondeur... L’ayant vécu comme chrétienne dans le monde ou dans son Carmel, Sainte Elisabeth de la Trinité nous y appelle tous : « Même au milieu du monde, on peut l’écouter dans le silence d’un cœur qui ne veut être qu’à Lui ! Et qu’importe l’occupation... puisqu’Il est toujours avec moi, l’oraison, le cœur à cœur ne doit jamais finir !.. N’avez-vous pas cette passion de l’écouter ? Parfois c’est si fort ce besoin de se taire... » (Lettre 38, 169 et 158).

Et pour fortifier cette attention du cœur à Dieu seul, comment ne pas recommander ici avec force « la prière de Jésus » ? Quand on a lu une fois le récit du « Pèlerin russe », on ne peut que laisser saisir nos cœurs par le rythme de cette merveille issue de l’Evangile (Mc 10,47 / Lc 18,38) : « Jésus, Fils de Dieu Sauveur, aie pitié de moi, pécheur ! » Dans la tradition byzantine, elle est offerte autant aux moines qu’aux laïcs... Et enfin, on peut aussi signaler cette prière de Jésus « mariale » reçue récemment :


« Jésus, Fils de Marie, Sauveur, j’ai confiance en toi, Seigneur ! »


Par la maternité de la Vierge, la première partie nous plonge dans les Evangiles de l’enfance du Sauveur en nous ouvrant à toute sa vie de la Crèche à la Croix... Là, nous sommes invités à « voir », « toucher » et « sonder » la Parole, le Verbe fait chair, à travers la transparence cristalline du Cœur de Marie (Lc 2,19 et Ap 15,2) que nous offre l’Esprit.

Dans la seconde partie, le « j’ai confiance en toi » de Sainte Faustine nous ouvre à la grande vérité proclamée par petite Thérèse pour notre temps : « C’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour ! »


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