Méditation mariale - décembre 2020

Apocalypse 12,4b-6 : « En arrêt devant la Femme en travail, le Dragon s’apprête à dévorer son enfant aussitôt né. Or la Femme mit au monde un enfant mâle, celui qui doit mener toutes les nations avec un sceptre de fer ; et son enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son trône, tandis que la Femme s’enfuit au désert, où Dieu lui a préparé un refuge pour qu’elle y soit nourrie mille deux cent soixante jours. »



« Le Dragon s’apprête à dévorer son enfant aussitôt né... » Cette vision affreuse nous en dit long sur les intentions horribles de Satan dont le mystère du mal est au-delà des mots. Elle nous renvoie à notre terrible « aujourd’hui » de civilisation violente et décadente où, sous son influence perverse, la vie humaine est si souvent piétinée du commencement à la fin !... Réveillons-nous de notre esprit réducteur et de nos arrangements commodes avec la réalité : ces signes affreux des ténèbres et les Apparitions renouvelées de Notre Dame témoignent que nous sommes entrés dans les épreuves des derniers temps.

Mais l’Apocalypse nous rappelle aussi que dans le Christ mort et ressuscité, la vie triomphe à jamais : cette victoire est signifiée par l’enfant de la Femme « enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son trône ». Le mystère de l’Ascension nous est présenté ici dans la victoire du Fils de Marie. En son abandon filial entre les bras de son Père, tout est accompli : « Le soleil s’éclipsant, l’obscurité se fit sur la terre entière... Le voile du Sanctuaire se déchira par le milieu, et, jetant un grand cri, Jésus dit : « Père, en tes mains je remets mon esprit ! » Ayant dit cela, il expira... » (Luc 23,44-46). Cette manifestation finale de Jésus en Croix nous révèle le mystère central contemplé par l’Apôtre Jean. Et en ces temps de ténèbres où même dans l’Eglise, la foi est détournée et relativisée, le témoignage de l’Apôtre est précieux car en Dieu, Amour et Lumière sont inséparables : « Dieu est Lumière, en lui point de ténèbres !... Et nous, nous avons contemplé et nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde... Nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru : Dieu est Amour ! » (1 Jn 4,14 et 16).

Cela signifie donc que le chrétien vaincra le mal en lui et autour de lui par la puissance de l’enfance spirituelle évangélique : l’Esprit qui a jailli du Cœur ouvert de Jésus sur la Croix (Jn 19,34)... Ici, la victoire de l’Amour s’opère dans la mort affreuse du Crucifié. C’est là qu’il faut ouvrir les yeux de la foi « pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu »(Ro 8,21). Tel est le cœur de la Révélation chrétienne pour laquelle Jésus a exulté :

« A cette heure même, il tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit Saint et dit : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir révélé aux tout-petits ! » (Luc 10,21)

Nous sommes arrivés aussi en ces temps où, plus que jamais, pour être fidèles au Christ, il faut suivre « la Femme » qui est à la fois l’Eglise et Marie. Mais précisons que pour garder cette fidélité à la Tradition de l’Eglise, il est aujourd’hui urgent de prier le Saint Rosaire qui va permettre à la Mère de l’Eglise de fortifier et protéger en nos cœurs la lumière de la vraie foi ! Ainsi, prenons du recul avec tant de « tentations » et « d’égarements » qui assaillent l’Eglise actuelle jusqu’à son sommet... car l’Esprit nous appelle à suivre « la Femme qui s’enfuit au désert, où Dieu lui a ménagé un refuge pour qu’elle y soit nourrie mille deux cent soixante jours. » (Ap 12,6). C’est l’espace symbolique de survie pour l’Eglise en exil au désert.

Comme le remarque le théologien orthodoxe Serge Boulgakov : « L’Eglise s’avère indestructible sur la terre, en dépit de la haine et de l’agressivité du dragon et de ses armées... car au désert, elle devient invisible... et de plus, la tentation de Satan est impuissante devant la sainteté de la Sainte Mère de Dieu ! »

En vérité, partir au désert par le cœur, là où nous vivons, c’est privilégier jour après jour le silence, la méditation de la Parole et la prière continuelle du saint Rosaire. Un tel recul dans la solitude est l’urgence de ce temps (Ap 18,4-8) car le plus grand combat spirituel de notre temps se situe sans aucun doute autour de l’adoration silencieuse du Saint Sacrement. Mère Térésa en était convaincue. Et pour éloigner les hommes du plus admirable des mystères de la foi, les ténèbres vont à la fois « séduire », « tromper » et se « déchaîner » sur tous les plans comme jamais auparavant... d’ailleurs, il est possible que cette génération connaisse la venue de l’Antéchrist en subissant les trois ans et demi de son pouvoir infernal ! Face au feu de l’enfer, nous ne céderons pas à la peur et à la soumission : nous garderons la paix du cœur par la puissance de l’espérance en Jésus, l’Agneau de Dieu, vainqueur de l’ennemi (Ap 19,5-10). En vérité, prier le Rosaire quotidien (ou au moins le chapelet...) doit devenir à la fois notre urgence missionnaire autant que vitale. Là, nous attirerons l’humanité perdue vers son Sauveur. Là, nous serons protégés dans l’Arche bénie du Cœur Immaculé de Marie, notre ultime refuge pour les derniers temps !

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