Méditation mariale avril 2021

« Elle a fait la promesse ultime dont il faut peser chaque mot :

A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera ! »


Apocalypse 12,15-17 : « Le Serpent vomit alors de sa gueule comme un fleuve d’eau derrière la Femme pour l’entraîner dans ses flots. Mais la terre vint au secours de la Femme : ouvrant la bouche, elle engloutit le fleuve vomi par la gueule du Dragon. Alors, furieux contre la Femme, le Dragon s’en alla guerroyer contre le reste de ses enfants, ceux qui gardent les commandements de Dieu et possèdent le témoignage de Jésus. »


Le mystère de la Femme est ici encore l’Eglise et la Mère de l’Eglise. Dans les temps de persécutions, Elle trouve sa force et sa protection au désert : là, dans ce refuge imprenable de la prière continuelle et du silence contemplatif, une distance est posée qui tient le Démon à distance. Le désert met dans le cœur suppliant une « humilité » qui empêche le Tentateur d’approcher... Au VII° siècle, Isaac le Syrien a sur ce point une inspiration étonnante : « La Providence de Dieu, qui veille à donner à chacun de nous ce qui lui est bon, a mené à nous toutes choses pour nous porter à l’humilité... Gémis, pleure, souviens-toi de tes fautes au temps de ton épreuve afin d’être délivré de l’orgueil et d’acquérir l’humilité. Cependant ne désespère pas ! Prie Dieu humblement de pardonner tes péchés... L’humilité, même sans les œuvres, efface beaucoup de fautes... Elle peut briser la force de nombreux péchés. Si nous la possédons, elle fait de nous des fils de Dieu, et elle nous mène à Dieu sans même le secours des œuvres bonnes. C’est pourquoi en dehors d’elle toutes nos œuvres sont vaines... » (Discours ascétique, 1°série n°49).


Quand le Serpent veut engloutir la Femme dans les flots de sa haine, c’est justement « l’humble » terre qui s’entrouvre pour la sauver ! (Ap 12,15-16). Cette indication nous invite à chercher la perle précieuse de l’humilité cachée dans les Ecritures... à remonter à la Source de l’Evangile : Celui qui est la « Lumière du monde » (Jn 8,12) a dit : « Je suis doux et humble de cœur ! » (Mt 11,29). Et Marie, son écho parfait, a proclamé en son Magnificat : « Il a regardé l’humilité de sa servante... sa Miséricorde s’étend d’âge en âge ! » Nous l’avons abordé auparavant en avançant que la Vierge était comme cette « mer de cristal » (Ap 15,2), toute transparente du Verbe fait chair en son sein... Elle est Théotokos : Mère de Dieu ! Qui comprendra qu’au plus profond de son âme, Marie est la victoire suprême de la foi et de l’humilité face aux déchaînements du mystère du mal ? Déjà annoncée dans le « Protévangile » (Gn 3,15), Elle a fait à Fatima la promesse dont il faut peser chaque mot : « A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera ! »

Ce temps de paix, Saint Jean-Paul II l’avait prédit comme « la civilisation de l’Amour ». Il viendra après l’écroulement de la Babylone mondialiste actuelle dont le projet de contrôle total de l’humanité et les délires du transhumanisme seront l’apogée... Ainsi, pour traverser cette terrible domination des ténèbres et atteindre le temps béni de la rénovation dans l’Esprit, il nous faut trouver dès maintenant un lieu pour fortifier notre foi. Il est d’abord spirituel car comme au temps de Noé avant le déluge, mais différemment, Dieu demande à ses enfants fidèles de construire une Arche pour s’y réfugier. Et pour le comprendre, il faut s’ouvrir encore et toujours à la Parole testament de Jésus crucifié à Jean : « Voici ta Mère ! » (Jn 19,27). C’est la proclamation de la maternité spirituelle de Marie, nouvelle Eve, à l’égard de tous les croyants. A travers le disciple bien-aimé, nous avons tous reçu Marie pour Mère... Et c’est ici qu’il faut se souvenir de la promesse de la Vierge à Lucie de Fatima lorsqu’elle était si éprouvée de ne pas partir prochainement au Ciel avec Jacinta et Francisco :



« Ne te décourage pas, je ne t’abandonnerai jamais ! Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu... »


Bien plus qu’une parole de consolation, cette promesse de la Vierge est une véritable prophétie pour nous tous dans les épreuves de la fin des temps où nous sommes rendus :


1. D’abord, cette invitation pressante à ne jamais se « décourager » quels que soient les évènements les plus terribles et les plus imprévus, en nos vies ou dans le monde. On peut être momentanément abattu par des épreuves douloureuses, mais la vraie foi ne supporte pas l’enfermement de la tristesse. Elle y discerne l’influence du Malin qui pousse à la révolte ou au désespoir. Telle est l’œuvre du rayonnement maternel de Marie qui nous relève toujours dans l’espérance... Ne chante-t-on pas dans le Salve Regina : « O clémens, O pia, O dulcis Virgo Maria ! »


2. Et puis cette promesse si simple et si profonde : « Je ne t’abandonnerai jamais ! » Elle nous délivre de cette peur d’être déçu ou abandonné et en dit long sur son inépuisable amour maternel pour chacun de nous. Car en vérité, Marie nous ouvre le royaume abyssal de sa vigilante tendresse comme l’a tant chanté Saint Louis-Marie de Monfort : « Heureux ceux et celles qui entrent en Elle comme dans l’arche de Noé ! Les eaux du déluge des péchés, qui noient tant de monde, ne leur nuiront point... et Saint Augustin, se surpassant soi-même, et tout ce que je viens de dire, dit que tous les prédestinés, pour être conformes à l’image du Fils de Dieu, sont en ce monde cachés dans le sein de la Très Sainte Vierge, où ils sont gardés, nourris, entretenus et agrandis par cette bonne Mère, jusqu’à ce qu’Elle les enfante à la gloire... qui est proprement le jour de leur naissance ! » (Traité de la vraie Dévotion à la Sainte Vierge, n°34 et n°175)

3. Quand Marie dit « Mon Cœur Immaculé », nous sommes au centre du message : par son Cœur invoqué aujourd’hui, Marie prépare son triomphe de demain. Comme beaucoup d’autres, Saint Jean-Paul II l’a pressenti dans une intuition théologique qui traverse l’histoire de l’Eglise : « La victoire sera apportée par Marie. Le Christ vaincra à travers Elle parce qu’Il veut que les victoires de l’Eglise aujourd’hui et à l’avenir lui soient liées... » (Franchir le seuil de l’espérance, p. 221). Et le Saint Père précise dans son Encyclique « Redemptoris Mater » : « La maternité de Marie, qui devient l’héritage de l’homme, est un don : un don que le Christ fait lui-même à chaque individu. Le Rédempteur confie Marie à Jean parce qu’il confie Jean à Marie. Au pied de la Croix commence cette remise spéciale de l’humanité à la Mère du Christ... » (n°45).


4. Une foi chrétienne authentique repose par-dessus tout sur l’espérance et l’amour, mais à travers le réalisme du combat continuel face au péché et au démon. Le dernier verset du chapitre 12 de l’Apocalypse nous le rappelle avec force : « Furieux contre la Femme, le Dragon s’en alla guerroyer contre le reste de ses enfants, ceux qui gardent les commandements de Dieu et possèdent le témoignage de Jésus ! »

Satan sait qu’il ne peut plus rien contre la Femme, alors il va déchaîner sa duplicité et sa haine contre l’Eglise pour perdre le plus d’âmes possibles. Sur terre, nous sommes donc dans le temps d’une guerre terrible avec les forces du mal. Il est donc primordial de garder la paix du cœur en toutes circonstances jusqu’au retour du Seigneur... Et c’est pourquoi Marie se présente comme un doux « refuge » offert à notre fragilité dans ces temps redoutables qui commencent :

« Mon Cœur Immaculé : c’est votre refuge le plus sûr et le moyen de salut que, en ce moment, Dieu donne à l’Eglise et à l’humanité... Quiconque n’entre pas dans ce refuge sera emporté par la Grande Tempête qui a déjà commencé à faire rage... C’est le refuge que votre Mère céleste vous a préparé. Ici, vous serez à l’abri de tout danger et, au moment de la tempête, vous trouverez votre paix. » (Notre Dame au Père Stefano Gobbi, Livre bleu).



5. Après le refuge, Marie se présente aussi comme « chemin ». Qu’est-ce à dire sinon que son Cœur Immaculé ne mène qu’au Cœur miséricordieux de Jésus... mais la voie du salut est incontestablement plus sûre et paisible avec Elle, que sans Elle. Aussi, avec le Pape Benoit XVI, confions-nous à notre Mère : « La vie est comme un voyage sur la mer de l’histoire, souvent obscur et dans l’orage... et quelle personne pourrait plus que Marie être pour nous l’étoile de l’espérance ? Elle qui par son « oui » ouvrit à Dieu lui-même la porte de notre monde ; Elle qui devint la vivante Arche de l’Alliance, dans laquelle Dieu se fit chair, devint l’un de nous, planta sa tente au milieu de nous (Jn 1,14) ? C’est ainsi que nous nous adressons à Elle : Sainte Marie, tu fus au milieu de la communauté des croyants qui, les jours après l’Ascension, priaient d’un seul cœur pour le don du Saint -Esprit (Ac 1,14) et qui le reçurent au jour de la Pentecôte. Le « règne » de Jésus était différent de ce que les hommes avaient pu imaginer. Ce « règne » commençait à cette heure et n’aurait pas de fin. Ainsi, tu demeures au milieu des disciples comme leur Mère, comme Mère de l’espérance. Sainte Marie, Mère de Dieu, notre Mère, enseigne-nous à croire, à espérer et à aimer avec toi. Indique-nous le chemin vers son règne ! Etoile de la mer, brille sur nous et guide-nous sur notre chemin ! » (Encyclique « Spe salvi », n° 49-50)


Alors en ces temps du grand combat final qui commence, confions-nous comme les enfants de Fatima au Cœur Immaculé de notre Mère, Arche de paix et de protection des derniers temps :


« Salut, O Mère du Seigneur,

Vierge Marie, Reine du Rosaire de Fatima !

Tu es bénie entre toutes les femmes,

tu es l’image de l’Eglise revêtue de la lumière pascale,

tu es l’honneur de notre peuple,

tu es le triomphe sur l’empreinte du malin...


Prophétie de l’Amour miséricordieux du Père,

Educatrice de l’Annonce de la Bonne Nouvelle du Fils,

Signe du feu ardent de l’Esprit-Saint,

enseigne-nous, dans cette vallée de joies et de douleurs,

les vérités éternelles que le Père révèle aux tout-petits...


Montre-nous la force de ton manteau protecteur.

Dans ton Coeur Immaculé,

Sois le refuge des pécheurs

et le chemin qui conduit jusqu’à Dieu...


Uni/e à mes frères,

dans la foi, l’espérance et l’amour,

à toi je me confie.

Uni/e à mes frères, par ton intercession, je me consacre à Dieu,

O Vierge du Rosaire de Fatima.


Et enfin, enveloppé/e dans la lumière qui jaillit de tes mains,

je rendrai gloire au Seigneur pour les siècles des siècles !

(Prière du Centenaire des Apparitions de Fatima - 1917-2017)

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