Mis à jour : 10 nov. 2020



Apocalypse 12,3-4a : « Puis un second signe apparut au ciel : un énorme Dragon rouge feu, à sept têtes et dix cornes, chaque tête surmontée d’un diadème. Sa queue balaie le tiers des étoiles du ciel et les précipite sur la terre ».

Face au signe merveilleux de la Femme, si simple et lumineux, se dresse un second signe, violent et tourmenté : un énorme Dragon rouge feu. Souvenons-nous ici de ce que dit Dieu au Démon, au début de la Bible dans le livre de la Genèse : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’écrasera la tête et tu l’atteindras au talon » (Gn 3,15). Et nous trouvons à la fin de la Bible, dans le livre de l’Apocalypse : « Furieux contre la Femme, le Dragon s’en alla guerroyer contre le reste de ses enfants, ceux qui gardent les commandements de Dieu et possèdent le témoignage de Jésus. » (Ap 12,17).

Remarquons que ce Dragon est comme une contrefaçon de Dieu : les sept têtes reprennent le chiffre de la perfection divine... Mais ici, ce n’est pas l’unité, mais la division, la confusion. Les cornes sont un symbole de la puissance dans la Bible, elles sont littéralement « décuplée » (dix) ici... Le tout est surmonté de diadèmes. Ce signe nous montre une puissance maléfique assoiffée de domination, de puissance, de royauté. C’est l’Usurpateur... Souvenons-nous de sa parole à Jésus lors de la tentation au désert : « Le diable lui montra en un instant tous les royaumes de l’univers et lui dit : Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car elle m’a été livrée, et je la donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, elle t’appartiendra tout entière » (Lc 4, 5-6).

Sa queue balaie le tiers des étoiles du ciel. On peut voir dans ce verset une description de la séduction de Satan sur une partie du monde angélique : il l’a entraînée à sa suite dans la révolte contre Dieu. Ce « tiers » est un chiffre allégorique qui évoque le très grand nombre d’anges déchus jetés sur la terre.

Mais dans ces étoiles, ont peut aussi peut-être voir une partie du peuple de Dieu, car tout chrétien est appelé à être « lumière du monde », sur la voie de la sainteté. Comme le laisse entendre le prophète Daniel : « Les doctes resplendiront comme la splendeur du firmament, et ceux qui ont enseigné la justice a un grand nombre, comme les étoiles pour toute l’éternité. » (Dn 12,3). Les étoiles sont un guide dans la nuit, des repères... cela veut peut-être dire que des étoiles de l’Eglise, des « bergers », des croyants, vont tomber aussi, comme Marie l’annonce à Garabandal (cf. le film récent « Garabandal, Dieu seul le sait ») : « Auparavant, la coupe se remplissait ; maintenant, elle déborde. Beaucoup de cardinaux, d’évêques et de prêtres vont par le chemin de la perdition et entraînent avec eux beaucoup d’âmes. On donne de moins en moins d’importance à l’Eucharistie... Vous voici aux temps des derniers avertissements. Je vous aime beaucoup et je ne veux pas votre condamnation. Priez-nous sincèrement et nous vous exaucerons. Il faut vous sacrifier plus. Pensez à la Passion de Jésus. » (13 novembre 1965).

Ainsi, la tempête des derniers temps ne sera pas seulement extérieure à l’Eglise, mais elle se déploiera aussi jusqu’à l’intérieur de l’Eglise. Comme le disait le cardinal Ratzinger (Benoît XVI) lors des funérailles de Jean-Paul II : « Il avait la certitude toujours plus profonde que le Seigneur n’abandonne pas son Eglise, même si parfois la barque se remplit d’eau jusqu’à être sur le point de chavirer ». C’est pourquoi il nous faut de toute urgence monter dans l’Arche insubmersible du Cœur de Marie, Mère de l’Eglise et de tous les hommes...


A travers la femme enceinte, c’est le mystère de l’Eglise et de l’humanité dont Marie est la mère, qui nous est présenté. La femme enceinte, n’est-ce pas d’abord ce mystère de fécondité que Dieu a partagé à Adam et Eve dès l’origine : celui de participer à sa création... Cette fécondité culmine à la plénitude des temps par l’Incarnation du Fils de Dieu dans le sein de Marie. Toute la tradition nous dit que Marie enfanta sans douleur le Fils de Dieu... Car la douleur de l’enfantement est une conséquence du péché originel (Gn 3, 16 : « Dans la peine tu enfanteras des fils »). La Vierge Immaculée, enfantant le Fils de Dieu, ne pouvait donc en souffrir. Nous sommes ici dans les mystères joyeux qui culminent dans le magnificat de la Vierge (Lc 1,46-55). Mais au pied de la Croix, nous entrons dans les mystères douloureux, où Marie devient la Mère de tous les hommes (Jn 19,25) ; et pour eux qui sont pécheurs, elle souffre un enfantement qui dure encore (Rm 8,23) jusqu’à ce que tous soient sauvés par la victoire du Christ sur la mort.

Ainsi, cette souffrance de la Femme nous renvoie par-dessus tout au mystère central qui s’est déployé dans la souffrance apparemment inutile et scandaleuse de Jésus en Croix. Dans le combat de l’Apocalypse, ces douleurs de l’enfantement sont celles de la Rédemption finale offerte jusqu’au bout à l’humanité. Car si la Femme de l’Apocalypse « crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement », c’est qu’il s’agit d’une souffrance féconde. L’enfantement comme signe de fécondité est en effet une image eschatologique très présente dans le Nouveau testament.

Il est prophétisé que lorsque commencent « les douleurs de l’enfantement » (Mt 24, 8), « l’amour se refroidira chez le grand nombre » (Mt 24, 12). Et le Seigneur précise aussi en saint Jean à ses Apôtres : « La femme, sur le point d’accoucher, s’attriste parce que son heure est venue ; mais lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus des douleurs, dans la joie qu’un homme soit venu au monde. Vous aussi, maintenant vous voilà tristes, mais je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera...» (Jn 16,21-22). Ainsi, cette Femme qui crie dans les douleurs de l’enfantement nous invite à ne pas craindre les combats des derniers temps qui sont plus que jamais les nôtres... mais à veiller tout près du Cœur Immaculé et Douloureux de Marie dans l’espérance du salut : « Quand cela commencera d’arriver, redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance est proche » (Lc 21, 28).

Comment ne pas se souvenir ici de la vision des enfants à Fatima : « Notre-Dame ouvrit les mains et nous communiqua le reflet de cette lumière immense qui émanait d’elle. En Elle, nous nous sommes vus comme submergés en Dieu... Devant la paume de la main droite de Notre-Dame se trouvait un cœur entouré d’épines qui semblaient s’y enfoncer. Nous avons compris que c’était le Cœur Immaculé de Marie, outragé par les péchés de l’humanité... » (Sœur Lucie, 4ème mémoire). Chaque jour, Marie sollicite pour nous la patience miséricordieuse de Dieu (Lc 13,6-9), pour nous donner le temps de la conversion à son Amour...


Apocalypse 12,1 : « Le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds

et douze étoiles couronnent sa tête »

Cette Femme enveloppée par le soleil est Marie : transparence parfaite du Christ, « Lumière du monde » (Jn 8,12) qui s’est fait tout petit en son sein... car dans le mystère ineffable de l’Incarnation, le Soleil est né d’une étoile ! L’Eternel est entré dans notre temps. Pour transfigurer l’histoire, Dieu s’est fait homme. Comme le soulignent les Pères de l’Eglise : « Il est devenu ce qu’Il n’était pas, sans cesser d’être ce qu’Il est ». Il l’a manifesté à la Transfiguration devant Pierre, Jean et Jacques où « son Visage a resplendi comme le soleil ! » (Mt 17,2). Et après la Résurrection du Seigneur, l’Apôtre Jean, le bien-aimé, nous partage la vision qui a bouleversé sa vie, sur l’Ile de Patmos, au tout début de son Apocalypse : « Son visage, c’est comme le soleil qui brille dans tout son éclat » (Ap 1,16). Ce Visage de lumière est aussi notre héritage et pour le contempler, Jésus nous a dit sur la Croix à travers son Apôtre : « Voici ta Mère ! » (Jn 19,27). Saint Louis-Marie Grignion de Montfort le confirme avec tant d’autres Saints ou Pères de l’Eglise :

« Aller à Jésus-Christ par Marie... c’est pratiquer l’humilité qui ravit toujours le Cœur de Dieu... Car Marie devient toute chose à cette âme auprès de Jésus-Christ : elle éclaire son esprit par sa pure foi. Elle approfondit son cœur par son humilité, elle l’élargit et l’embrase par sa charité, elle le purifie par sa pureté, elle l’anoblit et l’agrandit par sa maternité... Il n’y a que l’expérience qui apprend ces merveilles de Marie... » (Le secret de Marie, n° 36 et 57). Elle est véritablement cette « mer de cristal mêlée de feu » (Ap 15,2), transparence unique et sublime de l’Esprit ! Et son Cœur Immaculé, offert maternellement à notre foi, peut nous plonger à chaque instant dans l’Océan d’amour infini de la Trinité Sainte.

C’est pourquoi « la lune est sous ses pieds » car Elle domine désormais les puissances du mal : Elle écrase la tête du Serpent sous ses pieds comme la représente nombre de statues ou d’images. On peut dire d’Elle ce que précise un passage de l’Apocalypse : « La ville peut se passer de l’éclat du soleil et de celui de la lune, car la gloire de Dieu l’a illuminée, et l’Agneau lui tient lieu de flambeau ! » (Ap 21,23). Souvenons-nous ici des Apparitions de la Vierge à Fatima où lorsqu’Elle vient, la lumière de ce monde est modifiée : « Le soleil commença à perdre de son éclat et l’atmosphère prit une vraie magnificence de couleur ! » Car à chaque Apparition, il y eut ces modifications étonnantes de luminosité. C’est comme si un peu de la splendeur du Ciel descendait sur terre et réduisait celle de la création...

Enfin, « douze étoiles couronnent sa tête » : un chiffre biblique qui exprime l’élection de la Vierge et sa plénitude de grâce (Lc 1,28). On le retrouve souvent dans l’Ecriture : les 12 Apôtres, les 12 tribus d’Israël, les 12 portes de la Jérusalem messianique (Ap 21,9-14). Mais ces douze étoiles qui couronnent la tête de Marie signifient aussi que nous sommes tous appelés à devenir des saints, étoiles dans le Ciel de Dieu. L’Apparition de la Vierge à Pontmain le 17 janvier 1871 en témoigne magnifiquement... alors que la France était envahie par la Prusse, Marie apparaît à 4 enfants et retourne la situation en faisant prier toute une paroisse : « Elle se présente vêtue d’une robe bleue parsemée d’étoiles, et plus on prie le chapelet, plus les étoiles se multiplient sur sa robe et autour d’elle... » L’invasion Prussienne s’arrête et la France est sauvée ! Quelle actualité pour ces temps de la fin que nous vivons où le saint Rosaire peut encore faire des miracles...

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