« Elle a fait la promesse ultime dont il faut peser chaque mot :

A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera ! »


Apocalypse 12,15-17 : « Le Serpent vomit alors de sa gueule comme un fleuve d’eau derrière la Femme pour l’entraîner dans ses flots. Mais la terre vint au secours de la Femme : ouvrant la bouche, elle engloutit le fleuve vomi par la gueule du Dragon. Alors, furieux contre la Femme, le Dragon s’en alla guerroyer contre le reste de ses enfants, ceux qui gardent les commandements de Dieu et possèdent le témoignage de Jésus. »


Le mystère de la Femme est ici encore l’Eglise et la Mère de l’Eglise. Dans les temps de persécutions, Elle trouve sa force et sa protection au désert : là, dans ce refuge imprenable de la prière continuelle et du silence contemplatif, une distance est posée qui tient le Démon à distance. Le désert met dans le cœur suppliant une « humilité » qui empêche le Tentateur d’approcher... Au VII° siècle, Isaac le Syrien a sur ce point une inspiration étonnante : « La Providence de Dieu, qui veille à donner à chacun de nous ce qui lui est bon, a mené à nous toutes choses pour nous porter à l’humilité... Gémis, pleure, souviens-toi de tes fautes au temps de ton épreuve afin d’être délivré de l’orgueil et d’acquérir l’humilité. Cependant ne désespère pas ! Prie Dieu humblement de pardonner tes péchés... L’humilité, même sans les œuvres, efface beaucoup de fautes... Elle peut briser la force de nombreux péchés. Si nous la possédons, elle fait de nous des fils de Dieu, et elle nous mène à Dieu sans même le secours des œuvres bonnes. C’est pourquoi en dehors d’elle toutes nos œuvres sont vaines... » (Discours ascétique, 1°série n°49).


Quand le Serpent veut engloutir la Femme dans les flots de sa haine, c’est justement « l’humble » terre qui s’entrouvre pour la sauver ! (Ap 12,15-16). Cette indication nous invite à chercher la perle précieuse de l’humilité cachée dans les Ecritures... à remonter à la Source de l’Evangile : Celui qui est la « Lumière du monde » (Jn 8,12) a dit : « Je suis doux et humble de cœur ! » (Mt 11,29). Et Marie, son écho parfait, a proclamé en son Magnificat : « Il a regardé l’humilité de sa servante... sa Miséricorde s’étend d’âge en âge ! » Nous l’avons abordé auparavant en avançant que la Vierge était comme cette « mer de cristal » (Ap 15,2), toute transparente du Verbe fait chair en son sein... Elle est Théotokos : Mère de Dieu ! Qui comprendra qu’au plus profond de son âme, Marie est la victoire suprême de la foi et de l’humilité face aux déchaînements du mystère du mal ? Déjà annoncée dans le « Protévangile » (Gn 3,15), Elle a fait à Fatima la promesse dont il faut peser chaque mot : « A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera ! »

Ce temps de paix, Saint Jean-Paul II l’avait prédit comme « la civilisation de l’Amour ». Il viendra après l’écroulement de la Babylone mondialiste actuelle dont le projet de contrôle total de l’humanité et les délires du transhumanisme seront l’apogée... Ainsi, pour traverser cette terrible domination des ténèbres et atteindre le temps béni de la rénovation dans l’Esprit, il nous faut trouver dès maintenant un lieu pour fortifier notre foi. Il est d’abord spirituel car comme au temps de Noé avant le déluge, mais différemment, Dieu demande à ses enfants fidèles de construire une Arche pour s’y réfugier. Et pour le comprendre, il faut s’ouvrir encore et toujours à la Parole testament de Jésus crucifié à Jean : « Voici ta Mère ! » (Jn 19,27). C’est la proclamation de la maternité spirituelle de Marie, nouvelle Eve, à l’égard de tous les croyants. A travers le disciple bien-aimé, nous avons tous reçu Marie pour Mère... Et c’est ici qu’il faut se souvenir de la promesse de la Vierge à Lucie de Fatima lorsqu’elle était si éprouvée de ne pas partir prochainement au Ciel avec Jacinta et Francisco :



« Ne te décourage pas, je ne t’abandonnerai jamais ! Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu... »


Bien plus qu’une parole de consolation, cette promesse de la Vierge est une véritable prophétie pour nous tous dans les épreuves de la fin des temps où nous sommes rendus :


1. D’abord, cette invitation pressante à ne jamais se « décourager » quels que soient les évènements les plus terribles et les plus imprévus, en nos vies ou dans le monde. On peut être momentanément abattu par des épreuves douloureuses, mais la vraie foi ne supporte pas l’enfermement de la tristesse. Elle y discerne l’influence du Malin qui pousse à la révolte ou au désespoir. Telle est l’œuvre du rayonnement maternel de Marie qui nous relève toujours dans l’espérance... Ne chante-t-on pas dans le Salve Regina : « O clémens, O pia, O dulcis Virgo Maria ! »


2. Et puis cette promesse si simple et si profonde : « Je ne t’abandonnerai jamais ! » Elle nous délivre de cette peur d’être déçu ou abandonné et en dit long sur son inépuisable amour maternel pour chacun de nous. Car en vérité, Marie nous ouvre le royaume abyssal de sa vigilante tendresse comme l’a tant chanté Saint Louis-Marie de Monfort : « Heureux ceux et celles qui entrent en Elle comme dans l’arche de Noé ! Les eaux du déluge des péchés, qui noient tant de monde, ne leur nuiront point... et Saint Augustin, se surpassant soi-même, et tout ce que je viens de dire, dit que tous les prédestinés, pour être conformes à l’image du Fils de Dieu, sont en ce monde cachés dans le sein de la Très Sainte Vierge, où ils sont gardés, nourris, entretenus et agrandis par cette bonne Mère, jusqu’à ce qu’Elle les enfante à la gloire... qui est proprement le jour de leur naissance ! » (Traité de la vraie Dévotion à la Sainte Vierge, n°34 et n°175)

3. Quand Marie dit « Mon Cœur Immaculé », nous sommes au centre du message : par son Cœur invoqué aujourd’hui, Marie prépare son triomphe de demain. Comme beaucoup d’autres, Saint Jean-Paul II l’a pressenti dans une intuition théologique qui traverse l’histoire de l’Eglise : « La victoire sera apportée par Marie. Le Christ vaincra à travers Elle parce qu’Il veut que les victoires de l’Eglise aujourd’hui et à l’avenir lui soient liées... » (Franchir le seuil de l’espérance, p. 221). Et le Saint Père précise dans son Encyclique « Redemptoris Mater » : « La maternité de Marie, qui devient l’héritage de l’homme, est un don : un don que le Christ fait lui-même à chaque individu. Le Rédempteur confie Marie à Jean parce qu’il confie Jean à Marie. Au pied de la Croix commence cette remise spéciale de l’humanité à la Mère du Christ... » (n°45).


4. Une foi chrétienne authentique repose par-dessus tout sur l’espérance et l’amour, mais à travers le réalisme du combat continuel face au péché et au démon. Le dernier verset du chapitre 12 de l’Apocalypse nous le rappelle avec force : « Furieux contre la Femme, le Dragon s’en alla guerroyer contre le reste de ses enfants, ceux qui gardent les commandements de Dieu et possèdent le témoignage de Jésus ! »

Satan sait qu’il ne peut plus rien contre la Femme, alors il va déchaîner sa duplicité et sa haine contre l’Eglise pour perdre le plus d’âmes possibles. Sur terre, nous sommes donc dans le temps d’une guerre terrible avec les forces du mal. Il est donc primordial de garder la paix du cœur en toutes circonstances jusqu’au retour du Seigneur... Et c’est pourquoi Marie se présente comme un doux « refuge » offert à notre fragilité dans ces temps redoutables qui commencent :

« Mon Cœur Immaculé : c’est votre refuge le plus sûr et le moyen de salut que, en ce moment, Dieu donne à l’Eglise et à l’humanité... Quiconque n’entre pas dans ce refuge sera emporté par la Grande Tempête qui a déjà commencé à faire rage... C’est le refuge que votre Mère céleste vous a préparé. Ici, vous serez à l’abri de tout danger et, au moment de la tempête, vous trouverez votre paix. » (Notre Dame au Père Stefano Gobbi, Livre bleu).



5. Après le refuge, Marie se présente aussi comme « chemin ». Qu’est-ce à dire sinon que son Cœur Immaculé ne mène qu’au Cœur miséricordieux de Jésus... mais la voie du salut est incontestablement plus sûre et paisible avec Elle, que sans Elle. Aussi, avec le Pape Benoit XVI, confions-nous à notre Mère : « La vie est comme un voyage sur la mer de l’histoire, souvent obscur et dans l’orage... et quelle personne pourrait plus que Marie être pour nous l’étoile de l’espérance ? Elle qui par son « oui » ouvrit à Dieu lui-même la porte de notre monde ; Elle qui devint la vivante Arche de l’Alliance, dans laquelle Dieu se fit chair, devint l’un de nous, planta sa tente au milieu de nous (Jn 1,14) ? C’est ainsi que nous nous adressons à Elle : Sainte Marie, tu fus au milieu de la communauté des croyants qui, les jours après l’Ascension, priaient d’un seul cœur pour le don du Saint -Esprit (Ac 1,14) et qui le reçurent au jour de la Pentecôte. Le « règne » de Jésus était différent de ce que les hommes avaient pu imaginer. Ce « règne » commençait à cette heure et n’aurait pas de fin. Ainsi, tu demeures au milieu des disciples comme leur Mère, comme Mère de l’espérance. Sainte Marie, Mère de Dieu, notre Mère, enseigne-nous à croire, à espérer et à aimer avec toi. Indique-nous le chemin vers son règne ! Etoile de la mer, brille sur nous et guide-nous sur notre chemin ! » (Encyclique « Spe salvi », n° 49-50)


Alors en ces temps du grand combat final qui commence, confions-nous comme les enfants de Fatima au Cœur Immaculé de notre Mère, Arche de paix et de protection des derniers temps :


« Salut, O Mère du Seigneur,

Vierge Marie, Reine du Rosaire de Fatima !

Tu es bénie entre toutes les femmes,

tu es l’image de l’Eglise revêtue de la lumière pascale,

tu es l’honneur de notre peuple,

tu es le triomphe sur l’empreinte du malin...


Prophétie de l’Amour miséricordieux du Père,

Educatrice de l’Annonce de la Bonne Nouvelle du Fils,

Signe du feu ardent de l’Esprit-Saint,

enseigne-nous, dans cette vallée de joies et de douleurs,

les vérités éternelles que le Père révèle aux tout-petits...


Montre-nous la force de ton manteau protecteur.

Dans ton Coeur Immaculé,

Sois le refuge des pécheurs

et le chemin qui conduit jusqu’à Dieu...


Uni/e à mes frères,

dans la foi, l’espérance et l’amour,

à toi je me confie.

Uni/e à mes frères, par ton intercession, je me consacre à Dieu,

O Vierge du Rosaire de Fatima.


Et enfin, enveloppé/e dans la lumière qui jaillit de tes mains,

je rendrai gloire au Seigneur pour les siècles des siècles !

(Prière du Centenaire des Apparitions de Fatima - 1917-2017)


Méditation mariale - Mars 2021


« Entrons sans tarder dans le Refuge du Cœur Immaculé de Marie

par le Saint Rosaire...

Notre Mère est l’Arche protectrice des derniers temps... »

Apocalypse 12,13-14 : « Se voyant rejeté sur la terre, le Dragon se lança à la poursuite de la Femme, la Mère de l’Enfant mâle. Mais elle reçut les ailes du grand Aigle pour voler au désert jusqu’au refuge où, loin du Serpent, elle doit être nourrie un temps et des temps et la moitié d’un temps... »


En ce Chapitre 12 de l’Apocalypse, c’est la seconde fois que Jean revient au thème du désert où la Femme trouve refuge. On connaît dans son Evangile et ses épîtres son style unique où la répétitivité invite à la contemplation... (Jn 1,1-2 / 1 Jn 1,1-4). Mais en ce lieu central du livre prophétique, l’Apôtre bien-aimé envisage tout autre chose : il s’agit plutôt d’une alerte décisive et d’une insistance issue de sa tendresse paternelle qui aime à nous prévenir. Il veut en quelque sorte susciter en nos cœurs une vigilance extrême en vue du redoutable combat des derniers temps. Ne se déroule-t-il pas aujourd’hui sous nos yeux jusqu’à l’intérieur de l’Eglise ? Aussi, pour échapper autant à la séduction trompeuse qu’à la haine dévastatrice du Dragon, Jean désire au plus haut point nous attirer vers le lieu le plus protégé : le silence du désert où se déploie la force de la prière continuelle liée au mystère de la Femme, refuge des derniers temps !


En réalité, ce lieu du refuge est le Cœur maternel de la Femme comme Jean l’a expérimenté lui-même à Ephèse. En effet, après avoir fui la Palestine et protégé la Sainte Vierge dans la solitude de « Meryem ana evi » (la Maison de Marie cachée au-dessus d’Ephèse), il a continué sa mission d’Apôtre porté par Elle... découvrant de plus en plus que le « Voici ta Mère » reçu du Sauveur en Croix (Jn 19,27) était adressé aussi à tous les hommes. Ce mystère de la Femme était si fort en son cœur que, plus tard, durant sa captivité dans l’Ile de Patmos, un signe révélateur le confirme : la grotte en hauteur dans laquelle il priait souvent, à l‘Est de la mer Egée, était orientée vers la Maison de Marie...

Jean est le premier à vivre son amour pour le Christ à travers le Cœur de sa Mère. Reçue de Lui, il en devient le mystérieux protecteur et révélateur. Dans le bestiaire de la Bible, n’est-il-pas l’Aigle ? C’est donc bien lui qui a mené la Vierge vers sa dernière demeure solitaire sur les collines d’Ephèse face à la mer Egée : « Elle reçut les deux ailes du grand aigle pour voler au désert jusqu’au refuge... » (Ap 12,14). Là, cachée, Elle est déjà la Mère de l’Eglise primitive.


« Loin du serpent » : la solitude silencieuse du désert éloigne l’Ennemi, à condition qu’elle soit remplie de prière continuelle comme le dit d’expérience un Père du désert : « un profit indicible provient de la solitude... mais elle ne doit pas être séparée de la prière. La solitude et la prière ensemble sont le bien suprême. » (Nicéphore le Solitaire). Cela décrit bien le vécu de la Femme dans la solitude et la prière incessante de son petit ermitage au-dessus d’Ephèse. C’est en vérité le triomphe de l’humilité : Celle qui est la Mère de Dieu et la Mère de l’Eglise se tient cachée et effacée dans une tendresse priante qui, déjà, porte sans cesse l’humanité pécheresse.

« Elle doit être nourrie un temps et des temps et la moitié d’un temps » : ces trois ans et demi peuvent signifier la durée du règne absolu et dévastateur de l’Antichrist. Et durant ce temps terrible de persécution et de domination des ténèbres, nous sommes invités à entrer dans l’Arche protectrice du Cœur Immaculé de Marie, notre Mère... Là, nous serons en prière continuelle pour méditer en son Cœur (Lc 2,19) les Evangiles du Sauveur. Telle est la nourriture sainte qui sauve nos âmes. C’est dire si pour nous, aujourd’hui, le silence du désert est une urgence pour échapper à la domination actuelle de Satan sur notre monde et jusque dans l’Eglise.... alors, prions chaque jour le Rosaire si puissant de la Femme qui est « la nourriture solide » qui nous tiendra debout !


Plus que jamais, nous devons redoubler de vigilance évangélique et mariale pour demeurer fidèles au Seigneur face au nouvel ordre mondial tyrannique suscité par l’infernal Dragon. Profitant de l’interminable pandémie, les Maîtres cachés et les Puissants de cette civilisation postmoderne commencent déjà à nous proposer le « great reset » : la grande « Réinitialisation » de l’humanité vers le transhumanisme intégral libérateur ! Ce que Klaus Schwab, fondateur du forum de Davos, appelle la quatrième Révolution industrielle. De fait, en nous faisant miroiter le confort d’une vie matérialiste hyper sécurisée (vaccin compris), nous sommes déjà entrés dans les délires d’une vie quotidienne sans cesse surveillée : c’est le cas en Chine communiste (et capitaliste !) où le citoyen est technologiquement « suivi » par des milliers de caméras à reconnaissance faciale à travers lesquelles il est « noté » dans le système inhumain du « crédit social » ! Prophétisé par George Orwell (lire 1984) et Aldous Huxley, l’inquiétant « meilleur des mondes » est déjà là...

Bien sûr, dans la majorité de la presse et les dominants des réseaux sociaux, vous aurez toujours un discours rassurant qui vous mettra en garde contre les « fake news » alarmistes ! Mais du temps de Noé, Dieu l’avait prévenu de construire l’Arche du salut pour échapper à l’horrible décadence du monde d’alors : « Le Seigneur vit que la méchanceté de l’homme se multipliait sur la terre : à longueur de journée, son cœur n’était porté qu’à concevoir le mal. Il se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre et il s’affligea dans son cœur... Dieu dit à Noé : « La fin de toute chair est arrivée, je l’ai décidé... Entre dans l’arche, toi et toute ta famille, car je t’ai vu seul juste à mes yeux parmi cette génération » (Gn 6,5-6-13 / 7,1).

Notre monde actuel est arrivé bien au-delà du temps de Noé ou de Sodome... Car le Sauveur est venu nous aimer jusque sur la folie de la Croix, et 2000 ans après, nous le crucifions comme jamais par un nombre et une perversité de péchés horribles qui défient le Ciel : n’oublions jamais que « piétiner » jusqu’au bout son infinie miséricorde est le péché suprême qui aboutit à l’enfer ! A travers Sainte Faustine, Jésus nous a prévenu de ne pas louper le rendez-vous de sa Miséricorde : « Que les grands pécheurs mettent leur espoir en ma miséricorde... Avant de venir comme Juge équitable, j’ouvre d’abord toute grande les portes de ma miséricorde. Qui ne veut pas passer par la porte de ma miséricorde, doit passer par la porte de ma justice... » (Petit journal, 1146).


Nous voilà donc arrivés à la réalisation de la terrible prophétie Satanique : « Vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal ! » (Gn 3,5). Cet au-delà pervers de toute limite qui fait du mal un bien « être », nous le retrouvons dans la décadence de tous nos choix de société qui vont toujours plus loin dans l’horreur normalisée... Sœur Lucie de Fatima nous a prévenus : « La bataille finale entre Dieu et Satan portera sur le mariage, la famille et la vie ! N’ayez pas peur, car tous ceux qui travailleront pour le caractère sacré du mariage et de la famille seront toujours combattus et haïs de toutes les manières, parce que c’est l’affaire décisive... c’est le point central qui soutient la Création, la vérité sur la relation entre l’homme et la femme, et entre les générations. Quand on touche à la colonne centrale, tout l’édifice s’écroule, et c’est cela que nous voyons en ce moment... »

C’est pourquoi la fuite au désert de la Femme n’est pas une peur ou une démission, mais un renouvellement de notre vie par la prière mariale. C’est aussi un exode salutaire de l’Eglise persécutée par le Dragon. Ce fut le cas pour la Vierge Marie que Jean l’Apôtre protégea et mis à l’abri dans la solitude sur les hauteurs d’Ephèse. C’est enfin le mystère de l’Eglise dans sa passion finale à l’image de celle de son Maître et Sauveur : enveloppée et portée par la tendresse de Marie, un cri inspiré montera de son cœur :

« Je dis au Seigneur : « Mon refuge, mon rempart, mon Dieu dont je suis sûr !... Il te couvre et te protège. Tu trouves sous son aile un refuge : sa fidélité est une armure, un bouclier... Oui, le Seigneur est ton refuge ! » (Ps 90,2-4).




« En cette fin des temps qui s’accélère avec ses terribles combats,

confions-nous chaque jour à St Michel Archange... »


Apocalypse 12,7-9 : « Alors, il y eut une guerre dans le ciel : Michaël et ses Anges combattirent le dragon. Et le dragon riposta, avec ses anges, mais ils n’eurent pas le dessus : il ne se trouva plus de place pour eux dans le Ciel. Il fut jeté, le grand dragon, l’antique serpent, le Diable ou le Satan, le séducteur du monde entier, il fut précipité sur la terre et ses anges avec lui... »

Le Chapitre 12 de L’Apocalypse nous donne ici une autre lumière décisive en vue d’éclairer et fortifier notre foi dans le terrible combat spirituel de la fin des temps. Saint Paul nous en a d’ailleurs « alerté » en précisant de quel type de lutte il s’agit : ce n’est pas d’abord « contre des adversaires de sang et de chair que nous avons à lutter, mais contre les Principautés, contre les Puissances, contre les Régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal qui habitent les espaces célestes. C’est pour cela qu’il vous faut endosser l’armure de Dieu, afin qu’au jour mauvais vous puissiez résister... et rester fermes ! » (Ep 6,12-13).

En ce sens, il a été donné à Saint Jean deux lumières incontournables pour comprendre les bouleversements actuels de l’Eglise dans le monde des derniers temps : d’abord celle, décisive et déjà évoquée dans les dernières méditations, de la beauté de la Femme (Ap 12,1) : humble Reine du Ciel et de la terre, tendre Mère de l’Eglise qui nous enfante à l’amour du Christ dans la douleur face au Dragon (Ap 12,2-4). Après le « Voici ta Mère » de son Fils crucifié, Elle est au cœur de tous les combats de la foi dans les tempêtes de l’histoire. C’est le mystère de la « Femme enveloppée du Soleil » qui veille sur nous jour après jour en nous exprimant sa tendresse protectrice à travers tant d’Apparitions contemporaines...


Ensuite, l’Apocalypse nous donne une autre lumière qui vient éclairer et fortifier notre foi : au tout début, « il y eut une bataille dans le ciel » et l’Archange Saint Michel y joue un rôle déterminant en tant que chef des bons anges : avec les milices célestes, il aura le dessus sur Satan et ses démons qui seront chassés du Ciel (Ap 12,7-8).

Ces deux vérités peuvent nous sembler bien mystérieuses, mais elles sont indissolublement liées à la Rédemption de l’humanité dans l’humble quotidien : là, le Sauveur crucifié s’offre à nous, caché mais si présent... Sans elles, on ne peut rien comprendre au grand combat qui se joue dans l’histoire des hommes avec ses violences, ses perversions et ses guerres affreuses. L’Apocalypse nous prévient : « Malheur à vous, la terre et la mer, car le Diable est descendu chez vous, frémissant de colère et sachant que ses jours sont comptés ! » (Ap 12,12) Ce n’est pas pour rien si le « Salve Regina », un des plus beaux hymnes marials de la tradition de l’Eglise, nous fait implorer ainsi notre Mère du Ciel : « Ad te suspiramus, gementes et flentes in hac lacrimarum valle : vers toi, nous soupirons, gémissant et pleurant dans cette vallée des larmes ! »

Bien sûr, la Création demeure belle et nous parle de la grandeur de Dieu, et dans l’Eglise des saints et des pauvres pécheurs, la joie de la foi nous habite ! Mais ce monde demeure terriblement blessé par le péché originel comme l’affirme le catéchisme (CEC. 407-410), et seul Jésus nous en délivre. Du haut de la Croix, Il sauve les hommes de l’enfer des ténèbres et les conduit vers cette harmonieuse paix prophétisée par Isaïe : « Le loup habitera avec l’agneau, la panthère se couchera avec le chevreau... la vache et l’ourse paîtront, ensemble se coucheront leurs petits... Le nourrisson jouera sur le nid du cobra, sur le trou de la vipère le jeune enfant étendra la main ! » (Is 11,6-8).


Si la multitude des anges glorifient éternellement au Ciel la Très Sainte trinité, ils ont aussi reçu mission de nous protéger face à Satan et ses hordes de démons. Et là, l’Archange Michaël s’est levé pour être leur chef comme son nom le révèle : en hébreu, Mykâ’él signifie « Qui est comme Dieu ? » Son nom pose une question majeure et le révèle : il est le Chef des milices célestes pour lutter contre l’ennemi de l’humanité et ce passage de l’Apocalypse est décisif pour comprendre sa mission. Elle était déjà annoncée par le prophète Daniel (Dn 12,21). Ainsi, ce passage précieux de l’Apocalypse (12,7-9) nous plonge dans les combats de la fin où Saint Michel Archange est en première ligne à nos côtés, avec tous les Anges et les Archanges. A ce sujet, notons combien on ne peut rien comprendre aux terribles combats actuels sans cette approche réaliste des vérités de la foi fondée sur la Parole. Et sans vaine polémique, comment ne pas être au moins « étonné » par le silence effarant dans l’Eglise actuelle sur ces sujets si urgents pour fortifier notre espérance ?

Notre combat urgent de croyants consiste d’abord à se « réveiller » d’une confortable routine où la foi s’étiole dans l’habitude qui tue le feu de l’Esprit... Le réveil doit consister à prendre conscience qu’il nous reste en réalité si peu de temps pour se convertir à l’Amour et à saisir dans quels temps nous sommes ! Un électrochoc spirituel salutaire peut nous aider à changer de regard en écoutant le message urgent de Notre Dame à Fatima, l’Apparition-cœur et prophétique pour notre temps : en particulier ce face à face étonnant, dans la 3° partie du secret, entre la Vierge de miséricorde et l’Ange de la justice qui semble être Saint Michel. Cette vision donnée aux trois enfants est d’une telle actualité qu’elle nous interpelle au plus haut point :


« Nous avons vu sur le côté gauche de Notre Dame, un peu plus en hauteur, un Ange avec une épée de feu dans la main gauche ; elle scintillait et émettait des flammes qui, semblait-il, devaient incendier le monde ; mais elles s’éteignaient au contact de la splendeur qui émanait de la main droite de Notre Dame en direction de lui ; l’Ange, indiquant la terre avec sa main droite, dit d’une voix forte : Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! »


Il se dégage d’abord de cette vision une terrible menace de châtiment divin, à travers l’Ange, qui est provoquée par les horribles péchés de l’humanité. Que dire alors aujourd’hui ? A l’époque en 1917, la coupe semblait pleine, mais aujourd’hui elle déborde... pourtant, la main de Marie est toujours là pour prolonger le temps de la miséricorde et de la conversion : 1917-2017, cela fait plus d’un siècle en cette année 2021 ! Ecouterons-nous notre Mère qui continue à venir nous visiter pour éviter le pire ? A Fatima et dans d’autres Apparitions, elle nous demande toujours la fidélité au chapelet quotidien et l’esprit de sacrifice pour nous sauver avec les pécheurs dont chacun de nous est solidaire dans l’amour du Sauveur. Rien n’est plus important que de changer de vie avant qu’il ne soit trop tard. Et ne tombons jamais dans le leurre du bon chrétien pratiquant qui n’entend plus l’appel à la sainteté. Que l’Esprit suscite en nous le fort désir de vivre notre conversion évangélique dans l’humble quotidien... C’est le cœur de la Parole de Dieu : « Veillez et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme ! » (Lc 21,36). La veille de la prière entraîne celle de l’amour...

Une quinzaine d’années après les Apparitions majeures de Fatima, le Seigneur Jésus commença à visiter Sœur Faustine pour manifester au monde le message final de son infinie miséricorde. En nous souvenant du face à face de Notre Dame et de l’Ange à Fatima, les paroles du Seigneur nous découvrent combien nous sommes arrivés dans les derniers temps :

« Tu prépareras le monde à mon ultime venue... Dis à l’humanité douloureuse de se blottir dans mon Cœur miséricordieux et je la comblerai de paix...Toute misère sombre dans ma miséricorde, et toute grâce jaillit de cette source. Les âmes périssent malgré mon amère Passion. Je leur offre une dernière planche de salut, c’est la fête de ma Miséricorde. Si elles n’adorent pas ma miséricorde, elles périront pour l’éternité... Parle aux âmes de ma grande miséricorde, car le jour terrible, le jour de ma justice est proche !... l’humanité ne trouvera pas la paix tant qu’elle ne se tournera pas avec confiance vers ma miséricorde !... »

(Ste Faustine, Petit Journal, n°429 / 1074 / 1777 / 965)

Que le Cœur Immaculé de Marie fasse résonner fort en nos cœurs cet appel solennel de Jésus miséricordieux. Rien n’est plus important que de hâter notre retour au Sauveur avant que ne vienne encore plus fortement l’esprit de l’Antéchrist. Il n’est pas question ici de se faire peur, mais d’un réveil urgent de notre foi pour la vie éternelle ! Nous aurons alors le regard d’espérance de Jean l’Apôtre : « Les ténèbres s’en vont et la véritable lumière brille déjà ! » (1 Jn 2,8)


Proposition de Prière quotidienne à Saint Michel Archange (extraite de l’exorcisme du Pape Léon XIII)


Saint Michel Archange, Prince très glorieux de la Milice céleste, défends-nous dans le combat contre les esprits méchants répandus dans le monde pour perdre les âmes. Viens au secours des hommes que Dieu a créés à son image et à sa ressemblance, et qu’il rachetés à grand prix de la tyrannie du démon.

La Sainte Eglise te vénère comme son gardien et son protecteur. C’est à toi que le Seigneur a confié la mission d’introduire dans le bonheur du Ciel les âmes rachetées. Prie donc le Dieu de paix de vaincre Satan, afin qu’il ne puisse plus retenir les hommes dans ses chaînes et nuire à l’Eglise.

Présente au Très-Haut nos prières, afin que sans tarder le Seigneur nous fasse miséricorde, et que tu saisisses le dragon, l’antique serpent, qui est le diable ou Satan, et que lié dans l’abîme, il ne séduise plus les nations. Amen !

Saint Michel Archange, de ta lumière, éclaire-nous

Saint Michel Archange, de ton épée, défend-nous

Saint Michel Archange, de tes ailes, protège-nous