« Le temps de fuir au désert est arrivé...

Le Cœur de la Femme est notre refuge de paix ! »

Apocalypse 12,6 : « La Femme s’enfuit au désert, où Dieu lui a préparé un refuge pour qu’elle y soit nourrie mille deux cent soixante jours... »


En revenant à ce verset à la fois si prophétique et si actuel de l’Apocalypse, comment oublier cette promesse de Notre Dame de Fatima à la petite Lucie : « Tu souffres beaucoup ? Ne te décourage pas, je ne t’abandonnerai jamais ! Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu... » (13 juin 1917). Cette promesse s’adresse aussi à nous, car depuis 2000 ans, la tendresse maternelle de Marie nous enveloppe. Tout a commencé avec l’Apôtre Jean au pied de la Croix : là, il a reçu de Jésus le mystère de la Mère (Jn 19,27). Après la joie de la Pentecôte et les débuts prometteurs de l’évangélisation, la persécution poussera la mission de l’Eglise vers d’autres terres... Et Jean protègera Marie en la menant jusqu’au « Refuge » d’Ephèse. C’est le début d’une mission plus cachée, mais si féconde pour l’Eglise universelle, où Jean sera le premier à l’école du silence de Marie... N’est-il pas en la Vierge, le Père des contemplatifs ?


En cette année nouvelle où vont s’accélérer les évènements de la fin des temps, nous sommes appelés aussi à entrer plus profondément dans notre « Refuge » qui est d’abord le « Cœur de Marie », cœur caché de l’Evangile (Lc 2,51-52) et cœur protecteur de l’Eglise en la Parousie... Cette fuite vers la silencieuse Mère nous tient hors de portée d’une civilisation hyper-matérialiste et violente où nous sommes envahis par la folle pression des médias. En réalité, c’est un monde qui s’écroule, loin de Dieu. Sa dernière fuite en avant est l’horreur du transhumanisme où l’illusion originelle soufflée par satan va arriver à son accomplissement : « Vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux... » (Gn 3,5).


C’est pourquoi la fuite vers le refuge du Cœur de Marie est notre recul salutaire pour retrouver le sens de l’attente : une foi renouvelée dans la certitude du retour du Seigneur et une intense prière qui modifie notre conduite au milieu du monde. Combien de chrétiens attendent vraiment le retour du Seigneur ? Cette attente traversée par la joie est pourtant le signe d’une authentique espérance évangélique ! La terrible question du Maître devrait aujourd’hui résonner en nos cœurs plus que jamais : « Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Lc 18,8). Saurons-nous discerner que l’Amour frappe à notre porte (Ap 3,20) ? Serons-nous bouleversés de découvrir que nous n’avons que cette vie pour lui ouvrir ? Un jour, la porte se refermera... (Mt 25,11-12) « Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour va venir votre Maître ! » (Mt 24,42).


Cela nous invite à être délivrés des peurs obsessionnelles « entretenues » autour du Covid et de son possible successeur... Devenons humblement mais démesurément témoins de notre héritage sublime dans le Sauveur vivant : une espérance plus forte que la mort ! Un amour attentif à l’autre dans les plus petits détails de la vie quotidienne comme l’a vécu passionnément une petite et si grande Thérèse de Lisieux. Car le rapport entre petit et grand est la mesure de l’Evangile (Lc 9,48), où le plus petit est en réalité le plus grand ! (Lc 10,46-48). Même au fond de l’abîme, nous sommes tous appelés à la plus belle des aventures : celle de la sainteté ! Comme l’écrivait si justement Bernanos : « La sainteté est une aventure, elle est même la seule aventure ! Qui l’a une fois compris est entré au cœur de la foi catholique... »

Dans le grand combat des derniers temps, laissons-nous d’abord appeler à un renouvellement de notre prière quotidienne : en premier lieu, par la fidélité au Saint Rosaire de Marie, prière si puissante dans sa pauvreté évangélique. Quand on l’a découverte dans la terre de son cœur (Mt 13,44-45), rien n’a autant de valeur ! C’est un secret intime entre nous et notre Mère qui ouvre toutes les portes... Alors qu’au moins, le chapelet de chaque jour ne nous échappe. N’oublions jamais que dans le grand combat spirituel de ce temps, c’est l’arme de la Vierge la plus redoutée des démons ! Dieu seul sait ce qu’un chapelet dit avec amour peut engendrer pour toucher nos cœurs, sauver les pécheurs de l’enfer, arrêter les conflits et nous éviter la troisième guerre mondiale ! En l’humilité de Marie, nous sommes si puissants avec son Rosaire entre nos mains...


Ensuite, vivons la grâce unique de l’Adoration du Saint Sacrement dans les églises où c’est possible et proposons-la avec ferveur aux paroisses. N’oublions pas aussi que nous sommes appelés chaque jour à un temps de prière silencieuse : cette oraison du cœur, qui laisse à la Sainte Trinité un espace pour nous envahir en profondeur... L’ayant vécu comme chrétienne dans le monde ou dans son Carmel, Sainte Elisabeth de la Trinité nous y appelle tous : « Même au milieu du monde, on peut l’écouter dans le silence d’un cœur qui ne veut être qu’à Lui ! Et qu’importe l’occupation... puisqu’Il est toujours avec moi, l’oraison, le cœur à cœur ne doit jamais finir !.. N’avez-vous pas cette passion de l’écouter ? Parfois c’est si fort ce besoin de se taire... » (Lettre 38, 169 et 158).

Et pour fortifier cette attention du cœur à Dieu seul, comment ne pas recommander ici avec force « la prière de Jésus » ? Quand on a lu une fois le récit du « Pèlerin russe », on ne peut que laisser saisir nos cœurs par le rythme de cette merveille issue de l’Evangile (Mc 10,47 / Lc 18,38) : « Jésus, Fils de Dieu Sauveur, aie pitié de moi, pécheur ! » Dans la tradition byzantine, elle est offerte autant aux moines qu’aux laïcs... Et enfin, on peut aussi signaler cette prière de Jésus « mariale » reçue récemment :


« Jésus, Fils de Marie, Sauveur, j’ai confiance en toi, Seigneur ! »


Par la maternité de la Vierge, la première partie nous plonge dans les Evangiles de l’enfance du Sauveur en nous ouvrant à toute sa vie de la Crèche à la Croix... Là, nous sommes invités à « voir », « toucher » et « sonder » la Parole, le Verbe fait chair, à travers la transparence cristalline du Cœur de Marie (Lc 2,19 et Ap 15,2) que nous offre l’Esprit.

Dans la seconde partie, le « j’ai confiance en toi » de Sainte Faustine nous ouvre à la grande vérité proclamée par petite Thérèse pour notre temps : « C’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour ! »


Apocalypse 12,4b-6 : « En arrêt devant la Femme en travail, le Dragon s’apprête à dévorer son enfant aussitôt né. Or la Femme mit au monde un enfant mâle, celui qui doit mener toutes les nations avec un sceptre de fer ; et son enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son trône, tandis que la Femme s’enfuit au désert, où Dieu lui a préparé un refuge pour qu’elle y soit nourrie mille deux cent soixante jours. »



« Le Dragon s’apprête à dévorer son enfant aussitôt né... » Cette vision affreuse nous en dit long sur les intentions horribles de Satan dont le mystère du mal est au-delà des mots. Elle nous renvoie à notre terrible « aujourd’hui » de civilisation violente et décadente où, sous son influence perverse, la vie humaine est si souvent piétinée du commencement à la fin !... Réveillons-nous de notre esprit réducteur et de nos arrangements commodes avec la réalité : ces signes affreux des ténèbres et les Apparitions renouvelées de Notre Dame témoignent que nous sommes entrés dans les épreuves des derniers temps.

Mais l’Apocalypse nous rappelle aussi que dans le Christ mort et ressuscité, la vie triomphe à jamais : cette victoire est signifiée par l’enfant de la Femme « enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son trône ». Le mystère de l’Ascension nous est présenté ici dans la victoire du Fils de Marie. En son abandon filial entre les bras de son Père, tout est accompli : « Le soleil s’éclipsant, l’obscurité se fit sur la terre entière... Le voile du Sanctuaire se déchira par le milieu, et, jetant un grand cri, Jésus dit : « Père, en tes mains je remets mon esprit ! » Ayant dit cela, il expira... » (Luc 23,44-46). Cette manifestation finale de Jésus en Croix nous révèle le mystère central contemplé par l’Apôtre Jean. Et en ces temps de ténèbres où même dans l’Eglise, la foi est détournée et relativisée, le témoignage de l’Apôtre est précieux car en Dieu, Amour et Lumière sont inséparables : « Dieu est Lumière, en lui point de ténèbres !... Et nous, nous avons contemplé et nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde... Nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru : Dieu est Amour ! » (1 Jn 4,14 et 16).

Cela signifie donc que le chrétien vaincra le mal en lui et autour de lui par la puissance de l’enfance spirituelle évangélique : l’Esprit qui a jailli du Cœur ouvert de Jésus sur la Croix (Jn 19,34)... Ici, la victoire de l’Amour s’opère dans la mort affreuse du Crucifié. C’est là qu’il faut ouvrir les yeux de la foi « pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu »(Ro 8,21). Tel est le cœur de la Révélation chrétienne pour laquelle Jésus a exulté :

« A cette heure même, il tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit Saint et dit : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir révélé aux tout-petits ! » (Luc 10,21)

Nous sommes arrivés aussi en ces temps où, plus que jamais, pour être fidèles au Christ, il faut suivre « la Femme » qui est à la fois l’Eglise et Marie. Mais précisons que pour garder cette fidélité à la Tradition de l’Eglise, il est aujourd’hui urgent de prier le Saint Rosaire qui va permettre à la Mère de l’Eglise de fortifier et protéger en nos cœurs la lumière de la vraie foi ! Ainsi, prenons du recul avec tant de « tentations » et « d’égarements » qui assaillent l’Eglise actuelle jusqu’à son sommet... car l’Esprit nous appelle à suivre « la Femme qui s’enfuit au désert, où Dieu lui a ménagé un refuge pour qu’elle y soit nourrie mille deux cent soixante jours. » (Ap 12,6). C’est l’espace symbolique de survie pour l’Eglise en exil au désert.

Comme le remarque le théologien orthodoxe Serge Boulgakov : « L’Eglise s’avère indestructible sur la terre, en dépit de la haine et de l’agressivité du dragon et de ses armées... car au désert, elle devient invisible... et de plus, la tentation de Satan est impuissante devant la sainteté de la Sainte Mère de Dieu ! »

En vérité, partir au désert par le cœur, là où nous vivons, c’est privilégier jour après jour le silence, la méditation de la Parole et la prière continuelle du saint Rosaire. Un tel recul dans la solitude est l’urgence de ce temps (Ap 18,4-8) car le plus grand combat spirituel de notre temps se situe sans aucun doute autour de l’adoration silencieuse du Saint Sacrement. Mère Térésa en était convaincue. Et pour éloigner les hommes du plus admirable des mystères de la foi, les ténèbres vont à la fois « séduire », « tromper » et se « déchaîner » sur tous les plans comme jamais auparavant... d’ailleurs, il est possible que cette génération connaisse la venue de l’Antéchrist en subissant les trois ans et demi de son pouvoir infernal ! Face au feu de l’enfer, nous ne céderons pas à la peur et à la soumission : nous garderons la paix du cœur par la puissance de l’espérance en Jésus, l’Agneau de Dieu, vainqueur de l’ennemi (Ap 19,5-10). En vérité, prier le Rosaire quotidien (ou au moins le chapelet...) doit devenir à la fois notre urgence missionnaire autant que vitale. Là, nous attirerons l’humanité perdue vers son Sauveur. Là, nous serons protégés dans l’Arche bénie du Cœur Immaculé de Marie, notre ultime refuge pour les derniers temps !

Mis à jour : 10 nov. 2020



Apocalypse 12,3-4a : « Puis un second signe apparut au ciel : un énorme Dragon rouge feu, à sept têtes et dix cornes, chaque tête surmontée d’un diadème. Sa queue balaie le tiers des étoiles du ciel et les précipite sur la terre ».

Face au signe merveilleux de la Femme, si simple et lumineux, se dresse un second signe, violent et tourmenté : un énorme Dragon rouge feu. Souvenons-nous ici de ce que dit Dieu au Démon, au début de la Bible dans le livre de la Genèse : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’écrasera la tête et tu l’atteindras au talon » (Gn 3,15). Et nous trouvons à la fin de la Bible, dans le livre de l’Apocalypse : « Furieux contre la Femme, le Dragon s’en alla guerroyer contre le reste de ses enfants, ceux qui gardent les commandements de Dieu et possèdent le témoignage de Jésus. » (Ap 12,17).

Remarquons que ce Dragon est comme une contrefaçon de Dieu : les sept têtes reprennent le chiffre de la perfection divine... Mais ici, ce n’est pas l’unité, mais la division, la confusion. Les cornes sont un symbole de la puissance dans la Bible, elles sont littéralement « décuplée » (dix) ici... Le tout est surmonté de diadèmes. Ce signe nous montre une puissance maléfique assoiffée de domination, de puissance, de royauté. C’est l’Usurpateur... Souvenons-nous de sa parole à Jésus lors de la tentation au désert : « Le diable lui montra en un instant tous les royaumes de l’univers et lui dit : Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car elle m’a été livrée, et je la donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, elle t’appartiendra tout entière » (Lc 4, 5-6).

Sa queue balaie le tiers des étoiles du ciel. On peut voir dans ce verset une description de la séduction de Satan sur une partie du monde angélique : il l’a entraînée à sa suite dans la révolte contre Dieu. Ce « tiers » est un chiffre allégorique qui évoque le très grand nombre d’anges déchus jetés sur la terre.

Mais dans ces étoiles, ont peut aussi peut-être voir une partie du peuple de Dieu, car tout chrétien est appelé à être « lumière du monde », sur la voie de la sainteté. Comme le laisse entendre le prophète Daniel : « Les doctes resplendiront comme la splendeur du firmament, et ceux qui ont enseigné la justice a un grand nombre, comme les étoiles pour toute l’éternité. » (Dn 12,3). Les étoiles sont un guide dans la nuit, des repères... cela veut peut-être dire que des étoiles de l’Eglise, des « bergers », des croyants, vont tomber aussi, comme Marie l’annonce à Garabandal (cf. le film récent « Garabandal, Dieu seul le sait ») : « Auparavant, la coupe se remplissait ; maintenant, elle déborde. Beaucoup de cardinaux, d’évêques et de prêtres vont par le chemin de la perdition et entraînent avec eux beaucoup d’âmes. On donne de moins en moins d’importance à l’Eucharistie... Vous voici aux temps des derniers avertissements. Je vous aime beaucoup et je ne veux pas votre condamnation. Priez-nous sincèrement et nous vous exaucerons. Il faut vous sacrifier plus. Pensez à la Passion de Jésus. » (13 novembre 1965).

Ainsi, la tempête des derniers temps ne sera pas seulement extérieure à l’Eglise, mais elle se déploiera aussi jusqu’à l’intérieur de l’Eglise. Comme le disait le cardinal Ratzinger (Benoît XVI) lors des funérailles de Jean-Paul II : « Il avait la certitude toujours plus profonde que le Seigneur n’abandonne pas son Eglise, même si parfois la barque se remplit d’eau jusqu’à être sur le point de chavirer ». C’est pourquoi il nous faut de toute urgence monter dans l’Arche insubmersible du Cœur de Marie, Mère de l’Eglise et de tous les hommes...

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