Méditation mariale de Juillet-Août 2020

Le verset 19 du chapitre 11 est comme un prélude où le temple de Dieu s’ouvre en manifestant « son arche d’alliance »… puis ce sont une série de manifestations grandioses et effrayantes : « Ce furent des éclairs et des voix, des tonnerres et un tremblement de terre ! » Cela ressemble à l’expérience du prophète Elie à l’Horeb : « Et après le tremblement de terre un feu, mais Yahvé n’était pas dans le feu ; et après le feu, le murmure d’une brise légère… Dès qu’Elie l’entendit, il se voila le visage avec son manteau…» (1 R 19,12-13). Nous aussi, en commençant à méditer ce chapitre 12 de l’Apocalypse, il nous faut imiter l’humilité d’Elie qui se fait tout petit et toute écoute devant le Dieu qui parle au cœur. Remarquons aussi qu’à « l’Arche d’alliance » qui contenait le précieux Décalogue a succédé « Marie » : la nouvelle « Arche du salut » qui porte et donne au monde Jésus, le Sauveur. Ce mystère indicible de la venue du Verbe en la Vierge doit susciter en nos cœurs un émerveillement semblable à celui d’Elisabeth à la Visitation : « Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein ! Et comment m’est-il donné que vienne à moi la Mère de mon Seigneur ? » En cette fin des temps, marquée par tant d’Apparitions de la Vierge, et surtout à chaque chapelet quotidien, nous pouvons reprendre les paroles d’Elisabeth qui se réalisent mystérieusement dans la foi au cœur de nos vies : Comment m’est-il donné que tu viennes vers moi chaque jour, toi Marie, Mère de miséricorde ? La seule réponse est venue du Seigneur en croix : à travers Jean, son Apôtre bien-aimé, Il nous donne le don le plus précieux de son Cœur pour le suivre : « Voici ta Mère ! » (Jn 19,27). Ainsi, Marie nous aime dans l’élan rédempteur du Cœur ouvert de son Fils…

Le verset 1 du chapitre 12 commence par une Révélation à travers ce « signe grandiose » qui « apparut au ciel » : il s’agit ici du terme grec « ôphthè » (ophtalmo) qui signifie « se laisser voir -apparaître – révéler ». Ce signe est annoncé comme « grandiose » et l’on pourrait s’attendre à une démonstration de puissance… et voici l’humilité et la fragilité d’une femme, mais une Femme qui « surgit comme l’aurore, belle comme la lune, resplendissante comme le soleil, redoutable comme une armée rangée en bataille ! » (Ct 6,10). Dans ce signe d’une puissance mystérieuse, l’interprétation habituelle est de reconnaitre d’abord l’Église, peuple des temps messianiques, car « le monde fut créé en vue de l’Eglise » disaient les chrétiens des premiers temps » (CEC 760).

On y reconnaît aussi Marie, l’Immaculée Mère de Dieu, qui n’est pas seulement le membre le plus éminent du Corps du Christ, mais par-dessus tout la Mère de l’Eglise. Sa maternité universelle la lie au mystère de l’histoire de l’Eglise et du monde… et on peut dire que Saint Jean est en quelque sorte le témoin de la première Apparition de Marie ! En faisant un bond dans l’histoire, souvenons-nous de Notre Dame de Fatima à la dernière Apparition du 13 octobre 1917 où Elle se montre vraiment Reine de la Création : Commençant à s’élever vers le Ciel, la Sainte Vierge ouvrit les mains qui projetèrent des rayons lumineux sur le soleil… il se mit d’abord à tourner magnifiquement pour la joie de tous, mais ensuite à foncer sur la terre en s’arrêtant au dernier moment ! Cela provoqua la frayeur des cent mille personnes présentes qui firent l’expérience d’une possible fin du monde. Il y a plus d’un siècle, Notre Dame de Fatima a voulu nous laisser entrevoir que ce terrible évènement nous « menace » si notre civilisation continue à s’enliser dans l’horreur du péché… bien au-delà de la corruption du temps de Noé ou l’infamie de Sodome et Gomorrhe !

C’est pourquoi à Fatima et en toutes ses Apparitions, Marie nous invite à prier au moins quotidiennement le chapelet, et mieux : le Rosaire ! Il faut se souvenir encore ici de l’appel prophétique de Sœur Lucie de Fatima : « Depuis que la Très Sainte Vierge a donné une grande efficacité au chapelet, il n’y a pas de problème matériel ou spirituel, national ou international, qui ne puisse être résolu par le chapelet et nos sacrifices… »


Apocalypse 12 : clef mystérieuse pour saisir notre temps !


Durant au moins une année, nous allons tenter de pénétrer quelque peu ce texte lumineux et mystérieux d'Apocalypse 12 avec l'intelligence de la foi. Il nous plonge dans les terribles combats et drames de la fin des temps : non fin du monde, mais fin du temps des nations modernes qui se sont construites sans Dieu, et qui, sous l'influence du Dragon sont devenues ennemis de Dieu ! Il faudra cependant se souvenir que dans la " Parousie " (le " être là " de l'Avènement du Seigneur...), ce qui est déjà advenu au Ciel se déploie dans le temps agité de notre monde. Cela nous invite à la patience de la fidélité dans l'humilité du quotidien et la force de l'espérance.

Dans le livre de l'Apocalypse, qui couronne la Bible, le chapitre 12 est considéré comme unique et central par la tradition exégétique ecclésiale. Il s'ouvre sur la manifestation d'un " signe grandiose : une Femme ! " Le ton est donné car c'est par la beauté et l'humilité d'une Femme que vient la victoire sur l'horreur du mal à travers son Enfant Sauveur. Comment ne pas revenir ici à l'intuition du Pape marial que fût St Jean-Paul II. Elle nous invite à pénétrer dans le secret du Cœur Immaculé de Marie pour y être ajusté à son humilité triomphante (Lc 1,52) :

" Réjouis notre cœur, O Mère, affermis-le dans la certitude

que le Dragon n'est pas plus fort que ta beauté !...

Le temps des yeux levés vers Marie commence..."


Méditation mariale mai 2020

Nous voilà depuis des semaines en confinement : dur, dur pour une civilisation matérialiste où bouger, se distraire et consommer est une fièvre quotidienne… et pourtant, avons-nous découvert que cette réduction de l’espace extérieur offrait un autre voyage dans l’immensité secrète du cœur ? Un peu comme dans le film récent « Divergente 3 » où une poignée d’aventuriers prend le risque mortel de franchir le mur électronique pour découvrir ce qu’il y a derrière…  ou mieux encore, cette mystérieuse voix intérieure qui nous appelle, comme Abraham, à quitter une terre confortable et protégée (Gn 12,1-9) pour marcher vers une destination inconnue…

      Naître au sens de l’Evangile sera toujours traverser une frontière pour accéder déjà, dans la foi, à un Royaume qui n’est pas de ce monde : le Seigneur Jésus est « la Lumière du monde » venu « pour sauver le monde » (Jn 8, 12 et 12,47), et il affirme en même temps à ses disciples : « Mon Royaume n’est pas de ce monde… mon choix vous a tiré du monde et pour cette raison, le monde vous hait ! » (Jn 15,19).  Nous sommes nés pour l’Infini… et ce monde, si splendide soit-il, de l’oiseau qui vole aux milliards de galaxies, n’est pourtant qu’un signe de l’indicible Beauté : Elle s’est révélée un jour sur une Croix, à Cœur ouvert… et Elle s’offre à chaque instant dans le secret de nos vies. Ouvrons les yeux du cœur sur le Christ comme une Sainte Elisabeth de la Trinité : « L’horizon est si beau, c’est Lui ! Il est mon Infini, en Lui j’aime, je suis aimée et j’ai tout. Il fascine, Il emporte, sous son regard, l’horizon devient si beau, si vaste, si lumineux ! » (Lettre 130). Le confinement devrait nous inviter à accueillir le fruit secret de la prière et du silence : là, l’indicible splendeur de Jésus se révèle, comme à la Transfiguration… (Lc 9,28-36).

  Naître à nouveau en l’espace intérieur, c’est enfin prendre le chemin du Cœur de Marie pour contempler et suivre Notre Sauveur : « Elle gardait avec soin tous ces évènements et les repassait en son cœur » (Lc 2,19). Et 2000 après, à Fatima, Elle apparaît aux trois enfants en nous offrant son Cœur pour vivre les derniers temps où nous sommes arrivés : « Ne te décourage pas, je ne t’abandonnerai jamais. Mon Cœur sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu… »


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